Transition écologique : quel impact sur les compétences et la formation ?


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Vers une révolution des compétences ! C’est ce que semble dire le Cedefop dans une récente note d’information. Un document dans lequel il analyse les besoins en compétences et en formation qui découlent de la transition écologique.

La transition écologique impacte les compétences et les besoins de formation à tous les niveaux de l'entreprise.

Le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) planche en effet « depuis plus de 10 ans sur la transition vers une économie plus verte et plus durable et sur ses implications sur la formation professionnelle ».

Cette transition écologique entraîne des besoins en compétences et en formation pour les travailleurs, tous niveaux de qualification confondus.

D’un côté, des métiers spécifiques à l’environnement se développent : gestionnaires des risques, manager environnemental, responsable QSE (qualité, sécurité, environnement). De l’autre, des métiers déjà existants requièrent une montée en compétences pour intégrer la dimension environnementale. Le verdissement des compétences s’observe donc dans différents secteurs : achats, gestion des déchets, numérique ou encore marketing. Les entreprises sont quant à elles confrontées aux mêmes défis : anticiper les besoins de compétences, sensibiliser les collaborateurs à la nécessité de se former, adapter leur politique de formation.   

Alors, quelles sont les compétences à développer de façon prioritaire chez les collaborateurs ? Vers quelles formations se tourner ? Le point secteur par secteur avec les experts formation d’ORSYS !

La transition écologique au cœur d’un marketing plus durable et responsable

Pourquoi bâtir une stratégie de marketing durable ? Une des raisons, pour les marques, est de s’adapter à l’évolution des comportements des consommateurs, en pleine prise de conscience des enjeux environnementaux. Une fois la décision prise, reste à structurer la démarche en évitant le piège du goodwashing. Pour Clarisse Popower, experte en marketing digital responsable, la feuille de route d’une stratégie de marketing durable et responsable passe par 5 étapes.

1/ Déterminer sa raison d’être et son manifeste de marque.

2/ Choisir un statut en corrélation avec son activité (entreprise à mission, association, coopérative, ESS).

3/ Définir une ligne directrice du mix marketing cohérente avec la raison d’être de la marque.

4/ Mobiliser toutes les parties prenantes de l’entreprise.

5/ Être cohérent dans la mise en marché des produits ou services.

Parmi les compétences à développer, la communication arrive en bonne place. Il s’agit en effet de réinventer une communication responsable tant sur le fond que sur la forme.

Mieux gérer les déchets dans une optique d’économie circulaire

« Extraire, fabriquer, consommer, jeter » résume bien le modèle économique linéaire dominant. Ses impacts négatifs sur l’environnement sont aujourd’hui incontestables. Dans le même temps, certaines ressources connaissent une pénurie : bois, matériaux de construction, papier, aluminium, vinyle, blé ou encore semi-conducteurs. Enjeux écologiques et économiques se rapprochent donc jusqu’à aboutir à un consensus : l’économie circulaire doit être le pilier d’un nouveau projet de société. Ainsi plaide Catherine Viale, consultante et formatrice.

L’économie circulaire au service de la transition écologique

L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production de déchets. Cela nécessite de repenser chaque étape de la production d’un bien, jusqu’à sa livraison au client. Très souvent, il faut donc développer les compétences des collaborateurs grâce à des actions de formation. Et ce, dans différents domaines.

Les compétences à prioriser

La priorité va être de développer les compétences en matière de gestion des déchets. L’enjeu ? Définir et mettre en place les moyens organisationnels et techniques « économiquement acceptables » pour parvenir à un niveau de gestion n-1 pour tous les déchets. L’idée, c’est de procéder étape par étape jusqu’à leur réduction à la source. Pour cela, des compétences en gestion de projet s’avèreront très utiles.

La hiérarchie préférentielle de traitement des déchets

Economie circulaire : la hiérarchie préférentielle de traitement des déchets est définie par le code l'environnement.

Transition écologique : la réduction carbone passe par les achats

Les acheteurs sont en première ligne pour réduire l’empreinte carbone de leur entreprise. C’est la conviction de Martine Pallot, évaluatrice du Label « Relations Fournisseurs et Achats Responsables ». À ce jour, ils contribuent déjà à réduire les consommations d’énergies, faire évoluer le mix énergétique vers les énergies renouvelables, privilégier l’électrique pour renouveler les flottes de véhicules ou encore accompagner les démarches green IT.

Développer les compétences en « capital fournisseur »

Pour aller plus loin, ils doivent aussi prendre en compte les émissions de CO2 des fournisseurs. Cela implique de développer des compétences en matière de capital fournisseur. En effet, les acheteurs doivent être capables de communiquer, partager les enjeux, développer une relation fournisseur basée sur l’écoute, la confiance et la coopération. Concrètement, cela leur permettra de mieux accompagner les fournisseurs dans la quantification de leurs émissions, la définition d’objectifs de réduction et la mise en place de stratégies bas-carbone.

IT responsables : transition écologique en vue !

La question des achats IT responsables devrait devenir de plus en plus prégnante dans les entreprises, souligne Jean-Anaël Gobbe, qualiticien des services numériques spécialisé en green IT.

Sensibiliser les collaborateurs à la sobriété numérique

Pour lui, une politique d’achats IT responsables s’inscrit au cœur d’une démarche RSE et s’appuie sur la sobriété numérique. C’est pourquoi, outre des compétences en IT et en achats, il faudra développer des compétences en communication interne pour sensibiliser les collaborateurs à un usage plus responsable des ressources numériques. Le Webinar Entreprise d’ORSYS s’adapte à ce type de besoin.

5 critères essentiels pour des achats IT responsables

Les cinq critères des achats IT responsables

Optimiser son code, un enjeu environnemental

Au-delà de la question des achats de matériel ou de logiciel, la réduction de l’impact du numérique sur l’environnement dépend aussi de la conception des services numériques. Ainsi, il devient fondamental de développer des compétences en matière d’écoconception pour concevoir des services numériques les moins énergivores possibles.

Transition écologique : un verdissement généralisé des compétences

Le verdissement des compétences s’observe aussi dans le dialogue social des entreprises sous l’effet de la loi « climat et résilience » du 22 août 2021.

Vers un dialogue social environnemental ?

Le comité social et économique (CSE) doit désormais être informé et consulté sur les conséquences environnementales des mesures qui intéressent l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise. Les questions d’impact environnemental sont donc appelées à prendre de plus en plus de poids dans son ordre du jour, comme le relève Le Monde. Bien que non décisionnaires, les CSE apparaissent comme contre-pouvoir. Mais, comment faire sans moyens supplémentaires ? Pousser l’entreprise à faire un bilan carbone, l’inciter à former les salariés au numérique responsable ou encore à diriger l’épargne salariale vers des fonds respectueux de l’environnement… sont quelques pistes à explorer. DRH et élus gagneront donc à développer leurs compétences en droit de l’environnement.

Une équipe projet transverse

Développer une politique environnementale demande en outre aux entreprises d’être volontaires, d’investir sur le long terme et de s’engager dans une mise en œuvre pragmatique, souligne l’experte Catherine Viale. Le succès de la démarche repose surtout sur une équipe projet transverse : RH, communication, production, achats… Encore une fois, les compétences en gestion de projet s’avèrent ici centrales. Il faudra notamment maîtriser le fonctionnement par sprint ou encore la roue PDCA (planifier, faire, vérifier, agir), dite roue de Deming. 

Ce qu’il faut retenir, c’est que toutes les fonctions de l’entreprise sont potentiellement concernées par une mise à niveau des compétences pour s’adapter la transition écologique. Il est indispensable d’embarquer tous les intervenants (décisionnaires et managers) pour sécuriser les étapes structurantes de la démarche. Des relais doivent également être identifiés dans tous les services pour sensibiliser et accompagner l’ensemble des collaborateurs dans les changements de pratiques. Enfin, il faut garder en tête que la réussite d’un projet d’envergure passe aussi par la formation des collaborateurs !


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