Le data storytelling ou l’art de raconter une histoire avec les données


Temps de lecture : 3 minutes
Share Button

Le data storytelling utilise la narration pour expliquer de façon simple des chiffres complexes. Faire “parler” les données suppose toutefois de respecter un certain nombre de bonnes pratiques.

data storytelling

Les professionnels du marketing connaissent bien le storytelling. Ce concept consiste à valoriser une marque en racontant une histoire appelée à frapper les esprits et dans laquelle le consommateur peut/pourrait se projeter. Nous avons tous en tête les spots de la sécurité routière qui utilisent un ressort narratif particulièrement choc pour sensibiliser les conducteurs. De façon plus tendre, la vidéo publicitaire d’une enseigne de la grande distribution qui met en scène en trois minutes une histoire d’amour entre une caissière et un jeune client a été vue près de 3 millions de fois en quelques jours.

Faire “parler” les données

Appliqué à la donnée, le storytelling consiste alors à expliquer de façon simple des chiffres complexes par le truchement de la narration. Alors que nous sommes noyés sous les données au risque de nous y perdre, le récit permet de transmettre des indicateurs clés, de donner une touche émotionnelle à des données a priori dites froides.

En réunion, un DRH ou un DSI sera plus convaincant en racontant une histoire de façon ludique qu’en faisant défiler des slides pour présenter les chiffres de son service. À la différence d’une présentation figée de type PowerPoint, le data storytelling permet d’interagir avec son auditoire et de remonter en “live” les données pertinentes pour répondre à une question posée.

Le data storytelling participe à la démocratisation de l’accès à la donnée. Sans être des spécialistes de la business intelligence (BI), un expert métier ou un dirigeant d’entreprise peuvent contextualiser leurs données et toucher ainsi un public plus large que celui habituel du reporting. Les outils de BI en libre-service les plus populaires comme Tableau Software et Qlik Sense proposent nativement ce format narratif.

Soigner la chute

“Savoir faire parler les données suppose de respecter un certain nombre de bonnes pratiques », tempère toutefois Nicolas Dubois, consultant formateur en data intelligence chez BIAL-X. « Le récit doit tout d’abord s’adapter à l’auditoire. On ne raconte pas la même histoire à des directeurs exécutifs qu’à des opérationnels. Et si l’audience n’est pas homogène, l’histoire doit être suffisamment universelle pour parler à tous.”

“La narration doit être progressive en orientant le récit vers la chute qui surprendra l’audience, la prendra à contre-pied », poursuit-il. « Soigner la chute est, en effet, primordial. C’est elle qui permet d’argumenter une décision, de justifier un choix. Au cours du récit, il s’agit également d’intégrer des éléments perturbateurs, des informations surprenantes pour garder le public en haleine.”

Les acteurs du numérique utilisent le data storytelling pour faciliter la communication sur des sujets sensibles. Spotify contextualise en effet ses factures en présentant les morceaux les plus écoutés par ses abonnés. Ou encore, la durée d’écoute sur la plateforme durant le mois écoulé. Uber fait un résumé des trajets effectués.

Règles typographiques et codes couleurs

Le data storytelling doit, par ailleurs, respecter certaines règles typographiques et les conventions en termes de codes couleurs pour représenter, par exemple, des valeurs positives ou négatives. “Sans toutefois en abuser », rappelle Nicolas Dubois. « Au-delà de cinq couleurs, cela devient flou.”

Il s’agit également de choisir le mode de datavisualisation le plus pertinent entre un graphique, un diagramme, une courbe, une cartographie ou un classement. Ainsi, tout dépend du processus narratif. L’évolution d’une tendance sera représentée par une courbe, une comparaison par un histogramme.

Certaines règles reprennent les codes de la mise en page d’un journal. Les informations importantes se situent en haut à gauche de l’écran. Certaines polices de caractères mettent en avant un propos. Le nombre de visuels sur une page est limité, etc.

Pour Nicolas Dubois, le data storytelling s’inscrit dans le prolongement des feuilles de calcul et des tableaux de bord. “Jusqu’à  récemment, l’objectif des organisations était de générer un maximum de données. Aujourd’hui, l’enjeu, c’est l’accès à ces données et comment les exposer.”


Lire/relire aussi : Power BI, les raisons d’un succès

Pour se former :

Share Button

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *