Le Raspberry Pi : pourquoi s’y mettre ?


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Raspberry PI ORSYS technologie

Près de dix ans après son lancement, le Raspberry Pi continue d’attirer aussi bien technophiles et bricoleurs que débutants en programmation et novices complets. Denis Réant*, expert IoT, nous explique pourquoi et comment une « simple carte mère » s’est imposée comme une référence parmi les nano-ordinateurs.

Commercialisé pour la première fois en 2012, le Raspberry Pi a rapidement connu un grand succès. Il s’en est depuis vendu à plus de 20 millions d’exemplaires. Pourtant, à l’origine, ce qui ressemble à une simple carte mère de PC n’avait qu’un objectif pédagogique. Il s’adressait à un public au minimum technophile… En effet, vendu aux alentours de 35 € en France, le Raspberry Pi se présentait comme le parfait support pour apprendre le développement informatique à moindre coût.

Alors comment expliquer que sa popularité se soit de toute évidence étendue à un public plus large ? Et de quoi s’agit-il exactement ?

Qu’est-ce qu’un Raspberry Pi ?

Un Raspberry Pi est un nano-ordinateur qui a la capacité de calcul d’un ordinateur « classique ». D’ailleurs, en le branchant à un écran, on peut tout à fait l’utiliser comme un ordinateur. En effet, le Raspberry Pi est doté d’autant de possibilités, et il est suffisamment puissant pour héberger un système d’exploitation – aussi bien Windows que Linux. Très facile d’utilisation, il peut ainsi servir à toute la famille pour une utilisation très basique. Comme ordinateur personnel ou, par exemple, pour s’initier à la programmation, quel que soit son niveau, le Raspberry Pi étant fourni avec des logiciels ludo-éducatifs.

Son autre particularité, si on le compare à un ordinateur standard, est qu’il est conçu avec des broches directement connectées au processeur. Celles-ci permettent d’effectuer certains protocoles de communication, dans le but de lui adosser des capteurs comme une caméra, des micros… bref, tout un ensemble d’objets techniques qui vont apporter de nombreuses fonctionnalités supplémentaires d’interfaçage et ainsi combler la différence de puissance entre le Raspberry Pi et un ordinateur. Sa petite taille et son prix font de lui un support de prédilection pour expérimenter et développer différents types de projets et produits.

Pour résumer, le Raspberry Pi est facile d’utilisation, pas cher, ludique et interfaçable. Des atouts qui peuvent expliquer son succès… Mais ce serait sans compter la communauté Linux. Très investie, elle contribue à faire évoluer au fil des années les services du Raspberry Pi, et ainsi à le rendre accessible à tout le monde, qu’on ait 7 ou 70 ans, qu’on soit un « geek » ou un novice !

Programmation, électronique… apprendre avec le Raspberry Pi

On l’a vu, le Raspberry Pi peut s’utiliser à peu près de la même manière qu’un ordinateur traditionnel : pour faire du traitement de texte, du tableur ou de la présentation ; pour se connecter à son Drive et aller sur Internet ; pour télécharger des applications et brancher la caméra pour passer des appels en visio, etc.

Mais ce qui fait sa force reste son aspect ludique. Les distributions par défaut proposent par exemple un environnement ludo-éducatif sur la programmation, et il est notamment possible :

  • d’apprendre les bases et la logique de la programmation avec Scratch, un environnement de développement à vocation éducative pour les débutants ;
  • d’aller un peu plus loin avec Node-RED, un outil de programmation graphique permettant – entre autres – de développer des objets connectés sur Raspberry Pi ;
  • de découvrir et se faire la main avec Python, un langage de programmation aussi puissant qu’accessible.

Le Raspberry Pi, à l’instar des plateformes Arduino ou ESP32, peut d’ailleurs avoir vocation à devenir un objet connecté. Les projets de ce type permettent d’acquérir des compétences en électronique. Ils surfent ainsi sur la tendance actuelle qui veut que les informaticiens deviennent en quelque sorte des électroniciens, et vice versa. Les deux métiers, liés à l’IoT (Internet of Things), fusionnent grâce à cette technologie du « plug and play » – littéralement « brancher et utiliser », une expression qui se réfère à ces plateformes s’utilisant sans configuration préalable.  

Quelles limites ?

On notera toutefois une réelle différence entre le Raspberry Pi et un ordinateur traditionnel au niveau des ressources. La version 4 du Raspberry Pi, sortie il y a déjà un an, a été déclinée en trois versions : 2 Go, 4 Go et 8 Go de RAM. Il est vrai que tous les PC ne disposent pas de 8 Go de RAM… mais, en l’état, le Raspberry Pi ne permet donc pas de jouer  aux jeux vidéo qui consomment beaucoup de ressources graphiques. En effet, la partie graphique est gérée par le même processeur. Et, même si le Raspberry est doté d’une sortie 4K, il n’a pas vocation à servir comme PC de « gamer ».

Par ailleurs, au-delà de l’aspect graphique, il ne pourra pas fournir la même performance qu’un i5 ou un i7 de chez Intel, par exemple. Mais la principale différence se situe malgré tout sur la partie graphique… ainsi que sur la RAM, soit la gestion de plusieurs services en parallèle. Dans la pratique, cela signifie quelques difficultés pour à la fois laisser son navigateur Internet ouvert, rédiger un document texte, allumer sa webcam et lancer un jeu…

Bien démarrer avec son Raspberry Pi

La première utilisation du Raspberry Pi est relativement intuitive. Il est néanmoins recommandé de se procurer un kit complet. Il comprendra au minimum un boîtier et une alimentation, plutôt qu’un seul Raspberry Pi… qui n’est, rappelons-le, qu’une carte mère !

Ceci étant, pour une utilisation basique, c’est-à-dire pour s’en servir comme un simple ordinateur, il suffira d’effectuer les branchements puis de suivre les options du menu « Démarrer ». Bureautique, programmation ludique, jeux… Les derniers modèles de Raspberry Pi sont particulièrement accessibles. Ils offrent un environnement très similaire à ce qu’on a l’habitude de voir sur un ordinateur classique préconfiguré.

D’autres projets plus complexes vont demander certaines notions d’électronique et de programmation. Et encore : de nombreux tutoriaux en libre accès sur Internet rendent beaucoup de projets très accessibles. Il suffit de suivre les étapes, et même si certains aspects peuvent paraître abstraits au débutant, c’est un très bon exercice pour s’initier au codage de manière ludique en partant d’un projet concret au lieu de conceptualiser, et dont la pratique se démocratise de plus en plus dans les écoles. Finalement, quel que soit son potentiel, le Raspberry Pi reste fidèle à son premier objectif : permettre une approche pédagogique mais pragmatique de la technologie en servant de base à des projets concrets (media center, serre connectée… voir la liste non exhaustive de projets sur le site officiel). Alors si vous voulez en apprendre plus sur la programmation, expérimenter et découvrir l’univers de Linux embarqué, le Raspberry Pi est un compagnon idéal…


Pour se former :

Denis Réant - formateur ORSYS

Denis Réant

Il est professeur agrégé à l’éducation nationale dans le domaine du génie électrique. Il a enseigné pendant de nombreuses années à l’université et en école d’ingénieurs. En parallèle à cette activité, il est aussi formateur pour des ingénieurs en entreprises dans le domaine des Operating System embarqué à temps réel mou et dur. Formateur associée sur LinkedIn Learning, il propose des vidéos formation dans différents domaines de l’électronique numérique et le codage (C, C++, Python3…). Sa première passion reste le partage et l’échange entre lui et son public.

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