Ego, ego, ego, et si on raisonnait mieux ? 2


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ego - collaborateur - ORSYS

On a souvent tendance à penser de certaines personnalités qui prennent beaucoup de place, ou parlent plus fort que tout le monde, qu’elles ont un ego surdimensionné. Pourtant, comme Stéphane Félici, expert et intervenant ORSYS, nous l’explique, l’ego n’empêche pas la remise en question. Voici comment comprendre la notion d’ego pour en maîtriser l’influence sur soi mais aussi dans quelles mesures il régit le relationnel de chacun.

Une définition de l’ego

L’ego revêt différentes définitions selon les cultures et les environnements.

En psychanalyse, l’ego désigne le « je », ou le « moi », c’est-à-dire la représentation conçue comme « sujet personnel » que tout individu a de lui-même. Le domaine psychologique considère l’ego comme une partie déterminante de la structure psychique du sujet, dans l’organisation de sa personnalité intervenant dans ses relations avec le monde extérieur.

L’ego des autres est dangereux…

Le plus souvent, le terme est utilisé de façon péjorative pour désigner un trait de caractère ou un comportement perçu comme étant inadapté voire mauvais. La question se pose alors de savoir ce qui, chez nous, porte ce jugement et cherche à gérer l’ego de ses collaborateurs. La réponse et simple… C’est notre propre ego ! Mais pourquoi ?

Je manque tellement de recul par rapport à mon ego que je finis par m’identifier à lui. Ainsi, je ne me vois pas comme un être qui possède des traits de personnalité ou qui se laisse traverser par des pensées : je suis ma personnalité et mes pensées. Par conséquent, comme j’ai tendance à m’identifier pleinement à mon ego, au personnage, il devient vital pour « moi » que le monde corresponde à l’idéal que l’ego me pousse à imaginer, sinon « je » suis en danger. L’ego ne peut s’empêcher de condamner ce qui est différent car cela remet trop brutalement en cause son modèle du monde.

Si je m’identifie à mes compétences, je supporterai mal qu’elles soient critiquées. S’il s’agit de mes idées, mieux vaut qu’elles suscitent l’adhésion. Si c’est de mes valeurs dont il s’agit, il est essentiel qu’elles soient reconnues et partagées. Pourtant, même si je ne suis pas mes valeurs, ni mes compétences, ni mes idées, ni mes ressentis ou mes émotions (car tout cela évolue en moi mais n’est pas moi), je risque fort de souffrir de la situation en prenant tout cela de façon trop personnelle.

… mais je m’accommode très bien du mien, merci !

D’un autre côté, est-ce que je cherche à changer les manifestations de l’ego de mes collaborateurs avec lesquels je suis en accord ? Non. Leur comportement est parfait tel quel… s’il correspond à ce que je voudrais qu’il soit.

Dans le même état d’esprit, je vis très bien avec l’idée que je me fais de moi. À tel point que j’organise souvent la vie autour de moi, ainsi que des situations, pour qu’elles renforcent cette identification, même si cela peut me créer des difficultés. Par exemple, si je suis persuadé d’être coléreux alors il y a de fortes chances que je manifeste ce que je crois être « moi » à la moindre occasion… Juste pour avoir raison !

À côté de ça, je ne me prive pas pour critiquer, blâmer, juger et condamner ce qui doit l’être comme étant différent de mon modèle du monde car c’est un fait, je vous le rappelle, j’ai raison !

Mon ego voudrait que le monde extérieur change, que les organisations évoluent, que les êtres se transforment dans un sens qui lui donne raison et lui assure une sécurité plus confortable.

Alors que faire de l’ego ?

Certains estiment que l’ego est une tare, un obstacle au bien-être dont il convient de se débarrasser. Ceux qui affirment cela laissent justement parler leur ego. Agir de la sorte consisterait à bombarder au service de la paix. À ajouter de l’ego à l’ego.

Les êtres humains ont mis des millions d’années à développer l’ego. Nous n’avons aucune raison de le condamner simplement parce que nous en sommes prisonniers. C’est le manque de distance qui contribue à nous rendre malheureux et à le diaboliser.

Nous vivons la même chose lorsque nous sommes au cinéma et que nous nous plongeons si profondément dans l’histoire qui nous est racontée dans le film que nous ressentons les émotions en y étant associés, « comme si nous étions les personnages de l’histoire, comme si nous y étions ». Dès que nous nous souvenons que nous sommes en train de regarder un écran blanc sur lequel de la lumière est projetée, nous prenons de la distance et nous vivons l’expérience avec le juste niveau de détachement.

Pour ne plus se laisser piéger par l’illusion de l’ego, il suffit de devenir le témoin silencieux des histoires que nous nous racontons. Nous arrêtons ainsi de nous identifier à ce que nous ne sommes pas (notre passé, notre nom, nos ressentis, etc.). Depuis cette posture, nous reprenons alors les commandes de notre vie en prenant à cœur la gestion des collaborateurs dans le cadre des résultats à atteindre, sans pour autant nous laisser emporter par notre ego, ses blessures, ses peurs… 

En conclusion :

À trop s’attacher à ce que nous ne sommes pas (une image de soi, un passé, des idées, un titre, des résultats, etc.) jusqu’à sentir que notre bien-être voire notre vie en dépend, on finit par se perdre en entraînant bien souvent les autres dans notre descente.
Prenons les choses comme un jeu et non pas comme si notre survie en dépendait. Nous serons ensuite dans de bien meilleures dispositions pour accompagner dans la vie ceux qui décident plus ou moins consciemment de s’identifier à ce qu’ils ne sont pas… si la question des « autres » se pose encore !


Pour se former :

intervenant ORSYS

Stéphane Félici

Il est consultant, coach et formateur indépendant en développement personnel et en efficacité relationnelle. Après un diplôme d’école de commerce (EDHEC), il a connu trois phases clés dans sa carrière : la première comme commercial dans l’édition et l’imprimerie, la seconde en tant que manager dans la prestation de services et la troisième depuis plus de 10 ans en tant que Consultant Coach et Formateur.

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2 commentaires sur “Ego, ego, ego, et si on raisonnait mieux ?

  • Ribaucour

    Bonjour
    Suite à votre explication sur l’ego
    Comment faire en entreprise avec quelqu’un qui a un ego surdimensionné,qui parle fort etc pour lui notifier une remarque sans pour autant le blesser voir en arrivé à une non remise en question de ça part
    Merci de votre réponse
    Bien cordialement
    Georges