Les banques à l’heure de l’open banking


Temps de lecture : 3 minutes
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Open Banking - ORSYS
Padlock concept, metaphor of success and target achievement; original 3d rendering

Depuis septembre 2019, les banques doivent ouvrir l’accès à leurs données via des API*. Cette révolution dans un univers traditionnellement verrouillé, autrement appelée open banking, vient bouleverser le monde bancaire. Quel impact sur sa transformation et sur le parcours client ? Pour répondre à cette question, ORSYS a interviewé Yannick Delsahut**, expert fintech et innovation pour le monde bancaire.

L’open banking bouleverse toute l’industrie financière

Avec l’open banking, c’est tout le modèle « traditionnel » de la banque qui se voit bousculé. La connectivité des API (voir notre article précédent), ces interfaces de programmation applicative proposant un ensemble de fonctions, favorise l’émergence de services à valeur ajoutée. Ces briques technologiques, développées par les fintechs, sont indispensables aux banques qui souhaitent rester dans cette course à l’innovation. Yannick Delsahut explique : « L’open banking oblige les banques à entreprendre leur transformation… et à se différencier. Aujourd’hui, les offres se ressemblent d’un établissement à l’autre. Avec des taux de crédit de plus en plus bas, voire négatifs, les banques ont des difficultés à maintenir leurs marges. L’une d’elles a d’ailleurs annoncé qu’elle se désengageait en France en supprimant son réseau de distribution grand public. L’open banking bouleverse toute l’industrie financière. »

Innover avant tout

La clé de la transformation ? Pour Yannick Delsahut, elle réside sans nul doute dans l’innovation. « Ces dernières années, la banque est l’un des secteurs où les innovations ont été rares (outre les usages mobiles). Les fintechs, elles, proposent déjà des applications couplées à des services que la banque n’est pas en mesure de concevoir en un temps court. Elle a tout intérêt à s’associer les compétences de ces fournisseurs de technologies. Cette démarche se traduit par l’open innovation, espace collaboratif, autour duquel sont partagés vision du métier, innovation, transfert de compétences.»

Le dirigeant ajoute : « On peut penser que certains établissements bancaires se cachent derrière un risque de sécurité pour repousser le plus tard possible l’échéance. Mais il en est une qui est non négociable : la banque doit dégager des revenus quoiqu’il arrive. En clair, soit elle considère ce changement comme une menace et elle est vouée à disparaître, soit elle s’appuie sur les fintechs déjà en avance sur le sujet pour en faire une opportunité… et accroître au passage son périmètre d’action ! Elle doit se redéfinir, diversifier ses métiers, accompagner plutôt que subir. »

Être présent en amont et en aval du besoin bancaire

Ainsi l’open banking va-t-il pousser la banque à créer de la valeur avec des offres extra-financières ? Yannick Delsahut explique : « exploiter les modèles opérationnels lui permettra de proposer de nouveaux services périphériques en accompagnant. Par exemple, ses clients en amont et en aval de ses besoins financiers. Un client a besoin d’un crédit immobilier. Sa banque pourra l’aider à trouver le bien immobilier correspondant à ses capacités d’emprunt, ou lui conseiller de rester locataire et l’aider dans sa recherche… mais aussi assurer son bien dès l’annonce de son déménagement, sans pour autant demander à son client de signer de nombreux papiers. C’est ce qu’on appelle le “beyond banking”. »

L’expérience client au cœur des enjeux

De nombreux signes tendent à prouver que le client est prêt pour cette transformation. « Combien de fois va-t-on à sa banque aujourd’hui ? interroge Yannick Delsahut. Beaucoup ont déjà considérablement fait évoluer leur relation à la banque. Si, auparavant, on gardait la même banque que ses parents, aujourd’hui on va là où le crédit immobilier est le moins cher. On ne va pas à sa banque chercher de l’argent ou un chéquier. À l’inverse, avec l’open banking, la banque pourrait retrouver une opportunité de créer une nouvelle relation de proximité en devenant, grâce à ses services périphériques, un “accompagnateur” d’un instant de vie de son client à travers la réalisation de ses projets. »

Autre gain pour le client : l’instantanéité

Régler un achat sans carte bancaire, assurer un bien sans paperasse à signer, Yannick Delsahut l’assure : « La finance va devenir plus instantanée. » Un atout pour le monde bancaire qui pourra, là encore, s’appuyer sur ces acteurs qui ont déjà intégré l’expérience utilisateur dans leur démarche. La banque pourra ainsi gagner en réactivité en même temps qu’elle aura gagné en valeur ajoutée. Certes, comme l’indique Yannick Delsahut, « il restera toujours des réfractaires », mais qui ne serait pas séduit pas plus de plus de personnalisation et d’immédiateté ?


Lire/relire : Open banking : les API font leur révolution


Pour se former :

Yannick Delsahut - ORSYS

Yannick Delsahut

Fondateur et dirigeant de la société Goldstark depuis 2003 et expert Fintech, il accompagne de grandes entreprises dans leurs projets multicanaux et la stratégie liée à leur transformation digitale : création du 1er comparateur d’assurancecrédit MyComparateur B2B, expert et consultant pour la transformation digitale de courtiers, banques, assurances en France et au Luxembourg, consultant et maître d’ouvrage pour de grands sites marchands et des joailliers. Aujourd’hui, il se spécialise dans le digital dédié à la finance Fintech (cofondateur de Silverstark) et l’expertise digitale sur la pédagogie et le transfert de savoir. Il forme pour ORSYS depuis plusieurs années sur les nouvelles technologies.

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