Crise sanitaire : les nouvelles technologies au service de la lutte contre la pandémie ?   Mise à jour récente !


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Coronavirus - nouvelles technologies

Face à la pandémie de Covid-19, le recours aux nouvelles technologies pour tenter de lutter contre la propagation du virus a été massif. Cédric Vasseur*, expert IA et robotique, nous dresse une liste non exhaustive des possibilités.

Le 9 janvier 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lance officiellement l’alerte en se basant sur les informations fournies par les autorités chinoises. Ce qui était initialement une série de cas de pneumonie inconnue observée dans la province de Wuhan est désormais identifié comme un nouveau type de coronavirus dont la propagation exponentielle tourne en pandémie. La question, depuis, se répète souvent : l’alerte aurait-elle pu être donnée plus tôt ?

Pour la société canadienne BlueDot, la réponse est oui ; celle-ci affirme avoir été en mesure d’alerter ses clients sur la propagation du coronavirus dès le 31 décembre. Ses sources : des articles de presse, Internet et des données aériennes.

L’IA pour donner l’alerte

Dès fin décembre 2019, plusieurs acteurs détectaient en effet des signes inquiétants de contamination. Pour de nombreux spécialistes, l’alerte aurait pu être donnée plus tôt en s’appuyant sur les données médicales recensées par plusieurs organismes d’état et des données collectées sur les réseaux sociaux. Ce big data, couplé au machine learning, permettrait de « suivre » l’évolution de certaines maladies comme la grippe… et, aujourd’hui, le Covid-19.

Ces « prévisions », obtenues grâce au traitement massif de données par IA, offrent ainsi une meilleure visibilité de l’évolution, notamment géographique, des épidémies et de leur propagation, en utilisant le réseau. Mais cette utilisation de l’IA, en amont de la crise, n’est pas la seule possible.

Accélérer les tests cliniques avec l’IA… et sauver des vies avec des machines ?

L’intelligence artificielle peut également être utilisée pour accélérer les tests cliniques, simuler des compositions chimiques de nouvelles pistes médicamenteuses, voire tester les radios des poumons des patients pour détecter le Covid-19 plus rapidement. 20 secondes et 96% de précision :c’est le temps nécessaire et la précision de l’algorithme développé par le groupe Alibaba pour détecter, à partir d’un scanner thoracique, la contamination ou non d’un patient au Covid-19.

Du côté des « machines », on peut parler des respirateurs artificiels comme « des robots pour maintenir en vie ». Face à l’ampleur de la crise, le nombre de respirateurs devient insuffisant, mais des industriels, des roboticiens, etc. s’organisent afin d’apporter leur aide à la fabrication de pièces détachées, valves et masques.

Plusieurs robots de décontamination sont également déjà en fonctionnement dans la rue et les hôpitaux en Chine. Dotés de lampes UV-C, ils diffusent des produits décontaminants. En France, les robots se déploient petit à petit, tels que le robot décontaminateur de l’entreprise de La Rochelle Shark Robotics.

Un robot pour faire vos courses et assister les personnes isolées

N’oublions pas les flottes de robots-livreurs qui, en se déplaçant sans aucun contact physique contaminant, deviennent une aide précieuse pour les populations en situation de crise. De petite ou grande taille, ces robots permettent aux livreurs humains de se mettre en sécurité comme les autres…

D’autres aident plutôt à garder le contact avec nos aînés, en EHPAD ou confinés chez eux. En effet, de nombreux robots de télé-présence, souvent pointés du doigt comme de simples « gadgets », deviennent le seul moyen de contact possible, sans danger, avec le monde extérieur. Certains de ces robots sont, par exemple, actuellement déployés en France dans de nombreux EHPAD.

Enfin, et dans le prolongement de la question des livraisons, les entrepôts automatisés fonctionnant sans êtres humains diminuent drastiquement les problèmes de contamination par les marchandises. Nous avons pu voir qu’en cas de pandémie, la plupart des sites automatisés sont en mesure de fournir une aide logistique précieuse pour nourrir la population confinée chez elle.

De la prévention… à la surveillance par l’IA ?

De premiers tests de drones équipés de caméras et haut-parleurs ont été effectués au sein des forces de police en France, et plus précisément à Nice. L’objectif est de permettre à la police de diffuser l’information et de contrôler les sorties pendant le confinement en évitant le contact avec les agents.

En Chine, des casques équipés de caméras thermiques ont été fournis à la police locale pour lui permettre de détecter les piétons présentant une température supérieure à la normale. Mais nous touchons ici à un aspect plus polémique de l’utilisation des nouvelles technologies, puisque touchant à la question délicate de la surveillance au nom de la prévention. Mentionnons néanmoins les « apps » de géolocalisation telles que Alipay, développée en Chine et qui attribue un QR-Code selon votre risque de contamination. Si votre test se révèle positif au Covid-19, toutes les personnes avec lesquelles vous avez été en contact dans une période donnée sont prévenues et deviennent également « à risque » et leur QR-Code change de couleur.

Une technologie qui permet ainsi d’isoler les personnes « à risque », mais qui inquiète par les possibles dérives – on parle déjà de surveillance renforcée. Elle pourrait en effet se déployer en Europe dans l’objectif d’« adoucir » les mesures de confinement et mieux gérer les pics à venir.

Réalité virtuelle… et formation !

Mais tout n’est pas sujet à polémique, loin de là ! Pour finir avec un autre domaine, la situation a montré toute l’utilité et la créativité des formations à distance, ou télé-formations, pour continuer sa formation professionnelle… ou en profiter pour se perfectionner ou acquérir de nouvelles compétences. Il est à noter cependant que certaines formations peuvent difficilement se faire sur un écran à deux dimensions ; heureusement la réalité virtuelle, mixte ou augmentée vient à la rescousse des apprenants !

Déjà utilisée pour s’initier à plusieurs métiers et gestes techniques dangereux, la réalité virtuelle permet de simuler toutes sortes de situations et facilite l’apprentissage, par exemple, de l’utilisation d’un extincteur. Voilà qui ouvre encore le champ des possibles.

Pour se former :

Cedric Vasseur - ORSYS

Cédric Vasseur

Formateur, conférencier, chroniqueur spécialiste des nouvelles technologies liées à la robotique et à l’intelligence artificielle. Auteur de nombreux projets liés à l’IA et la robotique dont BeepAI une intelligence artificielle multiplateforme capable d’apprendre à programmer par elle-même. Travaille depuis plus de 15 ans sur de nombreux projets industriels, R&D, en tant qu’analyste-programmeur, responsable de département informatique, consultant formateur, conférencier, chroniqueur et animateur d’événements liés aux nouvelles technologies.

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