PORTRAIT D’ORSYSIEN – Olwen, l’amour des livres à la com’ 2


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Nous revenons au service communication pour dresser cette fois le portrait d’Olwen, chargée de com’ et bretonne amoureuse des livres. Une histoire de transmission, de la lecture à la reliure, en passant par la musique…

Olwen est chargée de communication chez ORSYS depuis bientôt quatre ans. Dans un service composé d’un pôle « conception » d’un côté, et d’un pôle « éditorial » de l’autre, elle fait partie de celui qui manie les mots : elle écrit, corrige, lit, relit, compose… et toutes ces tâches discrètes et indispensables qui se cachent derrière le moindre support écrit d’ORSYS.

Chargée de com’ chez ORSYS

« Chargée de communication, pour moi, ça veut tout et rien dire vu la palette de compétences différentes et nécessaires en com’. Je dirais que je suis plus spécifiquement rédactrice. J’effectue des veilles pour suivre les tendances dans les sujets relatifs à la formation et aux domaines de formation d’ORSYS en recoupant ça avec notre catalogue. Je travaille souvent en collaboration avec les intervenants pour élaborer des sujets, je gère la relecture et la correction, puis la publication. La partie éditoriale de la com’, en gros. »

Repérée sur LinkedIn, elle ne se prédestinait pourtant pas à la communication – mais définitivement au travail des mots. Car si Olwen décrit son parcours comme partant « un peu dans tous les sens », l’interlocuteur attentif ne manquera pas d’y discerner un fil conducteur, reliant sa carrière actuelle à ses aspirations professionnelles et personnelles.

Bon, un fil conducteur peut-être pas si évident dès le début.

« J’ai commencé par faire un DEUG Breton et civilisations celtiques à Rennes. Après j’ai fait une année de sciences de l’éducation, parce qu’à ce moment-là je me destinais à l’enseignement pour adultes… puis une année de sciences du langage parce que je me suis dit que ce serait bien de voyager en enseignant le français… »

« L’amour des livres et l’amour des mots »

Finalement, Olwen décide d’enchaîner avec un master sciences du langage et anthropologie puis, plus tard, un master de LTTAC à Lille : lexicographie, terminologie et traitement automatique de corpus.

« C’est la formation qui a dû me permettre de décrocher tous les jobs que j’ai eu jusque-là, parce qu’on a fait du développement, traité des bases de données, on a rédigé… En gros, toute une chaîne éditoriale, mais pour les dictionnaires et les encyclopédies. Je suis lexicographe de formation ! (rires) »

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Si elle n’est pas restée longtemps du côté des dictionnaires, elle met rapidement en application son savoir-faire rédactionnel en arrivant chez ORSYS, notamment en reprenant le blog en main. Ainsi, sollicitée pour ses compétences sur WordPress, Olwen s’applique à fusionner les deux sites existants de l’époque pour « simplifier le travail en back-office, la gestion, la technique… » et en faire quelque chose de plus moderne.

Depuis, si tout le pôle rédactionnel contribue au blog, Olwen en porte la casquette de « cheffe de projet ». Et si vous cherchiez encore la cohérence avec ses aspirations personnelles :

« L’écriture a été un intérêt personnel, oui. Mais je ne suis jamais satisfaite, du coup, je n’écris plus. (…) Par contre, je ne me promène jamais sans un livre ! On peut peut-être résumer [mon parcours] par l’amour des livres et l’amour des mots… »

Le livre-objet…

Pour autant, son amour des livres ne s’arrête pas à leurs mots puisque ce qui lui plaît surtout, c’est l’objet du livre en lui-même.

« Le livre de poche, c’est sympa, c’est pratique, mais j’aime toute l’histoire qu’il peut y avoir autour d’un livre. Tu lui donnes une âme quand tu choisis un papier, un cuir, la dorure… Et c’est aussi pour ça que j’adore chiner des livres anciens. Ce sont des livres qui ont appartenu à d’autres personnes et ils contiennent souvent des petits mots et des annotations.»

livres anciens

Est-ce que quelqu’un sera donc surpris de savoir que la reliure a une place de choix dans ses hobbies de prédilection ? Hobby peu commun que « le travail de l’objet du livre », on en conviendra… mais, pour Olwen, très sérieux. Elle est donc actuellement en phase d’apprentissage auprès de son père, relieur amateur passionné qui prend à cœur sa mission de transmission familiale.

… et la reliure

« Il m’a appris la chaîne de bout en bout. Tu prends un livre qui n’a pas de couverture pour le recréer entièrement : le découdre, le recoudre, le nettoyer, restaurer les pages si nécessaire… Puis c’est tout un processus de création de couverture, c’est-à-dire du détail : des points de colle, des points de couture, du collage, de l’assemblage, du découpage… »

Pourquoi parler, tout de suite, de transmission familiale ? Parce que tout n’a pas commencé avec le père, mais avec l’arrière-grand-père, imprimeur breton qui fabriquait des livres « de bout en bout » pendant la Guerre, et qui a lui-même enseigné les techniques de la reliure à son petit-fils. Alors aujourd’hui, à son tour, Olwen apprend dès qu’elle peut les différentes techniques : gouttières, plats, fioritures… « On ne travaille pas de la même manière la toile, le papier ou le cuir… et tous les livres ne sont pas conçus pareil. » Alors c’est un travail de détail, même s’il nécessite un sacré matériel !

Comment héberger chez soi une presse d’1m20 de haut et 80 cm de large, indispensable pour que la colle prenne sans que le livre ne se gondole, quand on vit à Paris ?

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« Tu as aussi des outils de rabotage. Et au-delà de ça, c’est aussi beaucoup de papier, de carton, de cuir… qu’il faut stocker de préférence à plat, à l’abri de l’humidité et de la lumière, et dans un endroit hermétique à 17-18°C. Mais dans la pratique, tu fais comme tu peux ! (rires) Et puis c’est un matériel qui coûte une fortune. »

Mais pour l’instant, si elle a envie de continuer, Olwen ne se pose pas vraiment la question. Elle apprend.

Un peu de musique

D’autant qu’elle affectionne un autre « hobby », qu’elle tient cette fois de sa mère : la musique. Même si, dans sa famille, tout le monde joue de plusieurs instruments et que l’activité familiale du dimanche consistait parfois à faire des quatuors de flûte à bec ! Mais sa mère est harpiste et, selon Olwen, « quiconque a déjà entendu de la harpe dans un environnement personnel sait que c’est quelque chose de très envoûtant. » Captivée ainsi par la musique, comme ses sœurs, elle a appris à la lire avant de savoir lire les mots.

« J’ai commencé par tous les types de flûtes à bec, puis j’ai fait de la guitare avec ma mère (puisqu’elle était prof de guitare). Après, j’ai fait du uilleann pipe, qui est la cornemuse irlandaise… et puis de l’alto. Aujourd’hui, je pratique seulement la guitare, les autres instruments étant trop bruyants pour les appartements parisiens ! »

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Une histoire de transmission

On imagine effectivement un petit concert de cornemuse dans un immeuble parisien et la liesse qu’il soulèverait aussitôt… Mais la musique comme la reliure, quelles que soient les difficultés, Olwen n’entend pas les abandonner, ne serait-ce justement parce que ce sont « des savoirs compliqués à faire perdurer ». Et, on l’a vu, la transmission, c’est quelque chose d’important chez elle. Mais elle l’explique beaucoup mieux elle-même, donc laissons-lui les derniers mots…

« Mes sœurs sont pareilles, en fait. Je pense qu’on apprend, et de plus en plus, de nos parents. On va beaucoup plus les chercher. Après, quand tu viens de Bretagne et d’une famille de militants, l’aspect transmission est forcément quelque chose qui régit un peu ton rapport à la Bretagne. Tu as tout à fait conscience que si tu es breton(ne) et que tu ne le revendiques pas, la Bretagne meurt. Et c’est pareil pour les livres : si les gens n’apprennent plus à faire des livres, le livre en tant que tel, en tant qu’objet, peut mourir. C’est ma perception des choses. Le livre de poche, dans 30 ans, les pages se déchireront puisqu’elles sont juste collées ! (rires) ça ne m’intéresse pas. C’est un objet qui peut traverser tellement de siècles, que plus je saurai les faire, plus je saurai les restaurer, plus ce sera quelque chose qui restera. »

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2 commentaires sur “PORTRAIT D’ORSYSIEN – Olwen, l’amour des livres à la com’

  • Françoise Landuré

    Ravie de mieux connaître Olwen, avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer sur un article pour ce blog. Nous avons au moins deux points communs : la Bretagne et les mots. J’espère avoir le plaisir d’échanger davantage avec elle sur ces sujets, et bien d’autres !