De l’importance de l’UX Design pour faire « parler » les données


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De l’importance de l’UX Design pour faire « parler » les données

En concevant des tableaux de bords centrés sur l’utilisateur, l’UX Design montre toute sa valeur dans le monde de la business intelligence. Grâce à une interface à la fois esthétique et fonctionnelle, elle favorise l’engagement des collaborateurs.

Avec Power BI de Microsoft, Tableau Software ou Qlik, une nouvelle génération de solutions a permis la démocratisation de la business intelligence (BI). Pas de script ni de code : les experts métiers peuvent manipuler ce type d’outils sans dépendre, comme par le passé, du ou de la spécialiste BI au sein de la DSI.

Concevoir un rapport ou un tableau de bord répond toutefois à un certain nombre de préceptes qui relèvent de l’UX Design (User eXperience Design) ou « design de l’expérience utilisateur ». Cette discipline vise à concevoir une interface accessible et facile à prendre en main tout en répondant pleinement aux besoins de l’utilisateur. Si l’UX Design est couramment utilisé pour concevoir un site d’e-commerce ou une application mobile, son apport est aussi précieux en BI.

À qui s’adresse ce tableau de bord ?

La première étape consiste à cerner la population visée afin de centrer la restitution des données du point de vue de ce fameux utilisateur. L’analyse de données sert trois strates dans l’entreprise : les responsables métiers qui souhaitent avoir un point de vue tactique reprenant toutes les données de leur business unit, les opérationnels terrain qui vont zoomer sur un service ou une activité et enfin, les dirigeant.e.s qui veulent un tableau de bord simplifié reprenant les informations les plus stratégiques.

L’expert qui va construire le modèle d’analyse doit, par ailleurs, avoir une bonne connaissance du secteur d’activité afin de dégager les indicateurs les plus pertinents. La phase suivante consiste, en effet, à hiérarchiser l’information en mettant les données les plus importantes en avant. « Rien de plus frustrant qu’un tableau de bord rempli de données dans lequel on ne parvient pas à se retrouver« , estime Célia Jorat, chargée de communication digitale UX/UI Designer chez Bial-X et Bial-R, partenaires ORSYS. Comme en marketing, il faut, selon elle, faire du storytelling. « Les données racontent une histoire, il convient de la respecter. »

Rendre la donnée plus humaine et chaleureuse

Ensuite, l’UX Designer va se conformer aux conventions en termes de datavisualisation. « Un camembert ou un histogramme ne restitue pas les informations de la même manière », poursuit-elle. « Il s’agit de choisir les bons moyens de représentation. »

L’esthétique de l’interface est un autre élément important pour donner un aspect plus humain et chaleureux à la donnée. Cela suppose de respecter la charte graphique de l’entreprise tout en reprenant là encore les conventions de la dataviz. Classiquement, les indicateurs sont en vert, jaune, orange ou rouge en fonction du degré de vigilance attendu. « Le tableau de bord doit être joli ET fonctionnel », rappelle Célia Jorat. « C’est l’une des règles de base de l’UX Design. »

L’interface doit également être épurée, pour décharger la page d’accueil. Les données peuvent être thématisées et réparties par onglets, l’arborescence de l’interface servant de fil rouge à l’utilisateur. Sur la page d’accueil, on ne retrouvera que les indicateurs clés. D’un seul coup d’œil, l’utilisateur pourra dresser un bilan de l’état de santé d’un service ou de l’entreprise entière. « Ce diagnostic doit prendre moins de 30 secondes, le temps qu’il faut pour « scanner » une page web ou une application mobile », détaille Célia Jorat.

Pour optimiser l’ergonomie parcours utilisateur, l’UX Design définit où placer les boutons ou les espaces de blanc. Le fil rouge sera, lui, centré sur la zone d’attention, sachant que l’œil est programmé pour balayer un écran en partant du coin en haut à droite.

Enfin, l’UX Design est orientée « mobile first » en pensant l’utilisation du dashboard en situation de mobilité dès sa conception. Ce qui renvoie aux notions de responsive design et de data stabilité. «  Comme pour l’ergonomie d’un site web, l’interface de restitution des données doit être dynamique. Depuis son smartphone ou sa tablette, l’utilisateur va zoomer, filtrer les données. »

UX Designer, un métier encore émergent

UX Designer est un métier encore émergent que l’on retrouve principalement chez les grands comptes. Prêchant pour sa paroisse, Célia Jorat estime le rôle de l’UX Designer essentiel. « Des utilisateurs peuvent perdre confiance dans la valeur d’un rapport. Pas parce que les résultats seraient faux mais parce qu’il a été tout simplement mal conçu. Du coup, ils retournent travailler sur un tableur Excel. »

À ses yeux, la facilité de prise en main des nouveaux outils de BI ne doit pas occulter l’apport des experts du design. « On peut faire l’analogie avec les outils gratuits de création de logos. Vous aurez un logo mais est-ce qu’il retranscrira toutes les valeurs de l’entreprise ? »  Pourcréer de l’engagement, l’UX Designer va jouer sur l’empathie et le ressenti émotionnel. « Si l’interface est centrée sur l’utilisateur, la donnée sera plus parlante« , conclut Célia Jorat.


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