Open banking : les API font leur révolution !


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Open banking : les API font leur révolution !

Qui aurait pu l’imaginer il y a encore quelques années ? La banque, si secrète, doit pourtant ouvrir l’accès à ses données à des acteurs tiers (suite à l’entrée en vigueur en 2018 de la 2e directive européenne sur les services de paiement). Cette révolution, dont le premier pas a été franchi en septembre dernier, n’a pas fini de bouleverser le secteur bancaire… Parlons de l’open banking !

En effet, la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2), adoptée en novembre 2015 et appliquée le 13 janvier 2018, constitue le début d’une petite révolution dans le monde bancaire. Cette directive a été créée à l’origine pour moderniser les services de paiement et, par là même, protéger les consommateurs européens grâce une forte authentification via des normes ouvertes communes et sécurisées de communication. Mais elle a aussi ouvert la porte à d’autres options…

L’open banking : une obligation légale

Yannick Delsahut, fondateur et dirigeant de la société GoldStark, expert fintech & innovation pour le monde bancaire et formateur ORSYS, explique : « Cette réglementation oblige les banques à passer à l’open banking : elles doivent rendre accessibles les données de leurs clients — avec leur accord — à des acteurs tiers, c’est-à-dire des initiateurs de paiement, des agrégateurs de comptes, ces services internet et mobile permettant de gérer plusieurs comptes issus de différentes banques sur un seul outil… En clair, la banque va devoir ouvrir son système d’information. C’est une véritable révolution, la banque étant réputée pour garder bien secrètes, au fond d’un “coffre-fort”, les données de ses clients. » 

« L’obligation a été rendue effective en septembre 2019 », poursuit-il, « date à laquelle les normes techniques de réglementation sont entrées en vigueur. Les banques ont ainsi dû fournir les interfaces de programmation, autrement appelées API. Cette ouverture extérieure va permettre de créer de l’innovation autour de la banque. »

Un nouvel écosystème pour plus de services

La prochaine étape, selon Yannick Delsahut, consiste justement à organiser l’écosystème pour produire les nouveaux services. À la croisée des chemins : les fintechs, assurtechs, regtechs*… ces start-up innovantes, à l’agilité reconnue, qui vont alors utiliser leurs savoir-faire pour repenser les services bancaires. « Regardées de manière suspicieuse il y a encore quelques années, ces sociétés vont devenir des acteurs clés sur lesquels les banques vont s’appuyer. Elles sont agiles, prêtes depuis longtemps, et sont à même de répondre aux cahiers des charges exigeants de la directive (les connecteurs purement technologiques doivent en effet respecter une norme) et obtenir les agréments, pour ensuite se positionner en intermédiaires et proposer des services aux consommateurs.

Un exemple ? « Elles pourront offrir des services de crédit instantané grâce à une application qui aura pu vérifier votre solvabilité en interrogeant tous vos comptes bancaires. Une procédure qui ravira les utilisateurs, puisqu’auparavant il fallait réunir de nombreux documents (papiers d’identité, relevés bancaires, etc.), les rassembler… »

« Mais cela peut être des services financiers croisés » ajoute Yanick Delsahut. « Autant de services qu’il était auparavant impossible de développer pour une société extérieure à la banque, du fait du manque d’ouverture des données à l’extérieur. Des services, également, que la banque ne peut développer aujourd’hui : les organisations sont trop lourdes, ce sont des mastodontes qui peinent à faire cohabiter l’existant et des technologies de pointe. Sans oublier qu’il est difficile de recruter de nouveaux experts devenus rares sur le marché : elles ne peuvent pas aller aussi vite qu’elles le souhaiteraient… ».

« La banque doit créer de la valeur »

La banque est-elle menacée dans ses activités ?  Yannick Delsahut est catégorique : « La banque n’a pas d’autre choix que de suivre les directives européennes pour ouvrir ses données. Pour maintenir ses marges, elle doit se positionner dès aujourd’hui. Si elle ne le fait pas, elle aura des difficultés à faire ses marges, tandis que tout le monde se “servira” dans ses données (qui constituaient sa force marketing) pour concevoir des services… Les établissements bancaires doivent avoir envie de jouer le jeu, d’être actifs, réactifs. »

À suivre…


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