Le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) en 4 questions


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Le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) en 4 questions

Pourquoi vous devez rédiger le DUERP !

Depuis 2001, tout chef d’entreprise employant des salarié.e.s doit rédiger le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Souvent perçu comme une contrainte, il recèle toutefois de nombreux atouts… pour peu qu’on lui accorde l’attention nécessaire. En quatre questions-réponses, ORSYS vous guide pour en faire un outil au service du progrès de l’entreprise.

Le DUERP, qu’est-ce que c’est ?

Rédiger un Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), c’est répertorier les risques que l’entreprise aura su analyser. Au regard de la loi – le DUERP est devenu obligatoire pour tout employeur en 20011 –, ce document démontre que celle-ci prend toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ses employé.e.s et protéger leur santé. C’est aussi un excellent moyen pour l’entreprise d’évaluer et de hiérarchiser ses risques.

Malgré les pénalités financières prévues en cas « d’oubli » de rédaction du DUERP, il semble que toutes les entreprises ne soient pas « à jour ». Ainsi, 8 %(2) d’entre elles ne disposeraient pas d’un Document unique, et une entreprise sur deux de moins de neuf salarié.e.s ne l’aurait pas encore rédigé !

Une telle négligence pourrait pourtant coûter plus cher que la simple sanction financière : en cas d’accident du travail, ce document permet de juger de la responsabilité de l’employeur. En son absence, la responsabilité risque clairement d’être mise en jeu…

Comment passer de la contrainte à un outil de management du progrès ?

Plus qu’une injonction légale, le DUERP est l’opportunité de créer un outil de cohésion et de management, autour duquel les salarié.e.s pourront s’exprimer, échanger sur leurs pratiques. Comment alors dépasser la contrainte et en faire une formidable opportunité au service des salarié.e.s ? Car tout porte à croire que si la rédaction n’est pas l’acte le plus passionnant qui soit, son intérêt réside bien dans l’émulation qu’il peut susciter.

Tout l’art d’en faire un outil de dialogue dans l’entreprise dépend de la manière d’aborder sa rédaction. Toutefois, inutile de se fixer des objectifs trop ambitieux et de viser un document trop complexe : plus la rédaction sera simple, plus il sera facile de faire participer le maximum de collaborateurs et collaboratrices… puis de le rendre accessible à tous.

Et concrètement ?

Dans le cadre d’une TPE, la Direction lance le projet en listant elle-même une première série de facteurs de risque qu’elle a pu recenser et auxquels les salarié.e.s et elle-même seraient exposés : risques immédiats et différés, c’est-à-dire les impacts à plus long terme d’une pratique – inhalation ou manipulation de produits dangereux, mauvaise organisation des open space influant sur le bruit ambiant, utilisation régulière des transports… Le travail s’appuie sur le recueil des données existantes – liste des accidents du travail, par exemple – des dangers déjà identifiés, ainsi que l’évaluation des exigences professionnelles.

La nécessité d’un dialogue

Doit alors s’instaurer un dialogue responsable, où chacun.e enrichira ainsi la liste en passant en revue les aspects techniques liés au métier, les problèmes d’organisation ou d’aménagement de postes de travail…

Cet échange fera ainsi émerger des idées, aborder des problématiques, envisager des solutions qui n’auraient pas été évoquées sans le DUERP. Les salarié.e.s soumettront des suggestions et des axes d’améliorations que le.la dirigeant.e n’aurait pas forcément identifiées, ou proposer des mesures de sécurité qui auraient été oubliées ou méconnues par certains salarié.e.s. L’objectif n’est pas de faire une liste exhaustive de tous les risques, mais bien de recenser les plus fréquents, ou ceux nécessitant l’aménagement de mesures de prévention immédiates.

Les risques psychosociaux

Grand chapitre à ne pas omettre pour bien faire le tour de la question : les risques psychosociaux. Intensité, complexité du travail, horaires de travail, autonomie au travail, rapports sociaux… il est possible de s’appuyer sur la grille d’évaluation de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS3). D’ailleurs, différents organismes – fédérations professionnelles, CCI, CMA, Carsat – sont en mesure d’accompagner les très petites entreprises dans la rédaction globale du DUERP. Ce regard externe permet d’être alerté sur les « manques » en matière de sécurité, mais apporte également un éclairage sur les mesures de prévention que l’entreprise aurait déjà mises en œuvre sans pour autant les avoir formalisées sur papier.

Et dans le cadre d’une PME ?

Selon la taille de l’entreprise, la constitution d’un groupe de travail sera judicieuse. Seront associés à la démarche de la Direction : les managers, les ressources humaines, les représentant.e.s des salarié.e.s et du comité social et économique (CSE)… Lorsque la diversité des métiers  le nécessite, il s’agira ensuite de découper chaque tâche afin de mesurer les risques à toutes les étapes, et de retenir ceux qui se présentent le plus souvent ou les plus graves.

Mais la seule rédaction reste bien insuffisante : le DUERP est un outil vivant. Il convient donc de mettre en place, à la suite de sa rédaction, les mesures préventives en lien avec le CSE, selon un échéancier adapté. Enfin, il est essentiel de procéder régulièrement à des évaluations afin d’actualiser périodiquement les risques, au fil des évolutions de l’entreprise.

En somme, c’est un formidable outil de prévention au service du progrès de l’entreprise…


1. Article L. 4612-16 du Code du travail

2. Observatoire Harmonie mutuelle

3. Évaluer les facteurs de risques psychosociaux : l’outil RPS-DU (ED 6140 – février 2013), INRS. www.inrs.fr

Et si on se formait ?

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