Comment vaincre la procrastination ? 2


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Comment vaincre la procrastination ?

L’institut de sondage français OpinionWay a réalisé une étude qui, pour la première fois, fournit des chiffres sur la procrastination dans notre pays. Résultat : 49% des sondé.e.s procrastinent a minima durant une heure chaque jour au travail, et 22% admettent procrastiner plus de deux heures par jour.

Ces chiffres indiquent donc que la procrastination réduit l’efficacité et la productivité du travail en entreprise, et peut (comme nous le verrons par la suite) augmenter le stress et l’anxiété ainsi qu’être source de dépression. Stéphanie Touramé*, intervenante pour ORSYS nous en parle.

Qu’est-ce que la procrastination ?

Ce qu’on entend par « l’art de tout remettre à demain » peut se définir plus précisément par la tendance à remettre systématiquement ses impératifs au lendemain, ou « être un retardataire chronique ». Étudiant.e.s, salarié.e.s, parents, travailleur.se.s… depuis toujours, la procrastination touche tout le monde !

Mais être un procrastinateur ne signifie pas « ne rien faire », bien au contraire ! Le retardataire chronique ne perd pas son temps, il n’est pas non plus fainéant ou paresseux : il trouve des prétextes pour éviter « certains devoirs » (qui ne sont pas à son goût). Par exemple, il se met à ranger son bureau au lieu de se mettre au travail. Le procrastinateur n’est pas non plus un incapable, il est capable d’accomplir beaucoup de choses tout en négligeant d’en accomplir d’autres. Il a également beaucoup de mal à réaliser des actions qui ne lui procurent pas de satisfaction immédiate ou, plus précisément, du mal à gérer ses impulsions.

          Pour combattre la procrastination, il faut avant tout savoir reconnaître et admettre ses faiblesses : cela permet en effet d’être le mieux disposé dans l’utilisation d’outils disponibles pouvant aider à surmonter cette difficulté. Il faut devenir adepte de « la réflexion sur la réflexion », de la maîtrise de soi et de son temps.

Pourquoi procrastine-t-on ?

          On procrastine souvent pour des tâches qui n’ont pas beaucoup de valeur à nos yeux. Pourtant, lorsqu’on sait ce que l’on veut vraiment et pourquoi on le veut, doté d’un plan d’action pour le réaliser, on est bien plus efficace et productif. C’est pourquoi, il est nécessaire de mettre de la clarté dans ses objectifs !

Un individu tend généralement à profiter de tout le délai dont il dispose pour effectuer un travail, ce quelle que soit la durée du délai. Une expérience a d’ailleurs été réalisée sur des étudiant.e.s : trois classes doivent rendre trois devoirs chacune. La première a un délai de trois semaines pour rendre les trois devoirs. La seconde classe a trois délais différents pour rendre chacun des devoirs sur une durée de trois semaines. Enfin, la dernière classe doit rendre un devoir par semaine. Sans surprise, c’est la troisième classe qui a obtenu les meilleurs résultats alors que le premier groupe a eu les résultats d’ensemble les plus catastrophiques.

Une meilleure répartition des tâches dans le temps serait-elle gage d’une meilleure performance !

Savoir gérer son temps et ses tâches 

Mais avant de vouloir définir une nouvelle répartition des tâches satisfaisante…il faut connaître certaines lois et concepts immuables !

  •  La  « loi de Murphy » énonce que dans notre travail, rien ne se passe jamais comme prévu. « Prévoir » permet d’améliorer notre gestion du temps. En effet, réaliser un planning en effectuant une liste des missions à effectuer permet de s’organiser, de laisser des temps « vides » et d’être préparé à d’éventuels imprévus.
  • La  « loi de Douglas » s’adresse aux personnes désordonnées. Pour certaines personnes, disposer d’un grand espace de travail les incite à stocker beaucoup d’affaires sur cet espace jusqu’à ne plus s’y retrouver. Beaucoup de temps et d’énergie seront ainsi dépensés pour chercher, déplacer, faire tomber des piles de papiers, ramasser, reperdre, rechercher…
  • La  « loi Carlson » stipule qu’un travail à temps fractionné est moins efficace qu’un travail réalisé en continu. L’interruption étant le pire ennemi de la productivité.  
  • Le vieil adage « avaler le crapaud », une métaphore parlante qui signifie « commencez vos journées par la tâche la plus difficile, et les journées seront bien plus productives ». N’est-il pas plus important de produire le rapport demandé que de revérifier s’il y a encore des agrafes dans l’agrafeuse ? Cet adage rejoint la « loi Pareto », selon laquelle il est important de prioriser ses tâches en commençant sa journée par les plus importantes et les plus difficiles, et de savoir reléguer les tâches accessoires en fin de journée où la performance est moins effective.
  • La « technique du salami et du gruyère », ou faire les choses petit à petit, étape par étape, « tranche après tranche ». Il est plus facile de manger un salami tranche par tranche plutôt qu’un salami d’un seul coup. De même, il faut savoir « dépiler » les tâches les unes après les autres pour ne pas se sentir débordé.e !

La procrastination créative 

Il n’y a pas que du négatif dans la procrastination ! Accomplir tous les objectifs fixés dans une journée est parfois difficile. Procrastiner peut même être, dans certains cas, nécessaire. Cela peut aussi engendrer de la créativité. On parle alors de procrastination créative : une procrastination consciente, délibérée qui permet de déterminer de manière réfléchie les tâches qu’on ne fera pas dans l’immédiat, ni même peut-être jamais. Et pour les tâches essentielles, cela aura la vertu de faire murir ses réflexions, de les enrichir, d’y ajouter des idées nouvelles et de les améliorer, tout cela en toile de fond avant que ces tâches passent au-devant de la scène pour être réalisées.

Lire/relire :

Nos formations dans ce domaine : 
Stephanie Tourame - ORSYS

Stéphanie Touramé

Avec une expérience de plus de 15 ans dans l’accompagnement des hommes et des organisations, elle est convaincue que la prévention des risques professionnels et l’amélioration de la qualité de vie au travail passent par la mise en lien de l’ensemble des acteurs de l’entreprise : Direction, encadrement, opérationnels et représentants du personnel.

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2 commentaires sur “Comment vaincre la procrastination ?

  • Florence

    Bonjour,
    La PROCRASTINATION, ça me connait. En fait, tout comme M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, j’ai découvert que j’en faisais « naturellement » sans le savoir ! J’ai entendu ce mot lors d’une formation sur l’intelligence émotionnelle. Grande découverte ! Je continue à procrastiner, consciemment, parfois même avec délectation, sur tout ce qui me « gonfle » au boulot et plus particulièrement sur les tâches que je considère en dehors de mes connaissances, compétences, etc. Je les appelle « les bâtons merdeux » ou « les petits scorpions » car on ne sait pas par quel bout les attraper ! En vous écrivant, je procrastine ! Le problème est que je culpabilise de prendre autant de plaisir à le faire.
    Je suis fonctionnaire territoriale et en principe je dois faire les formations via le CNFPT. Sauf que les 3/4 du temps, ne les trouvant pas jouissives, je m’offre celles qui m’attirent quand les tarifs sont à ma portée. je travaille dans un Office de tourisme municipal où je ne m’ennuie pas, où le travaille est même très passionnant mais où l’administration municipale dans sa grande lourdeur et méconnaissances de nos fonctions s’ingénie à gâcher la joie de travailler ! Ouiiii, je parle de joie et du bonheur que l’on engrange à effectuer un travail que l’on aime !
    Pouvez-vous me dire à combien se montent les frais de formations, sait-on jamais.
    Très belle journée