La banque, en première ligne sur l’intelligence artificielle


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La banque, en première ligne sur l’intelligence artificielle

De l’analyseur d’e-mails au conseiller financier virtuel, l’intelligence artificielle (IA) est appelée à se généraliser dans tous les métiers de la banque. L’IA permet également aux banques de lutter contre le blanchiment d’argent et de se conformer au cadre réglementaire.

Si tous les secteurs d’activité explorent actuellement les apports de l’intelligence artificielle, il en est un particulièrement mature sur le sujet : celui de la banque. Du back office au front office, tous ses métiers sont potentiellement concernés par la data science, selon une étude de l’Observatoire des Métiers de la Banque (OMB) remontant à décembre 2017.

La banque de détail est la plus en avance en termes d’adoption

Le Crédit Mutuel, Orange Bank, Generali ont ainsi récemment créé des « cognitive factories » pour industrialiser leur approche de l’IA en s’adossant à IBM et sa plateforme technologique Watson. Plusieurs cas d’usage ont déjà émergé. En interne, l’IA permet de « lire » les e-mails envoyés par les clients et de déceler l’intention qui se cache derrière un message pour les router vers les bons destinataires. En fonction de la nature de la demande, elle peut ensuite donner la priorité à certains e-mails, voire suggérer des réponses automatisées.

Par ailleurs, l’IA, et plus spécifiquement une sous-famille, la RPA ou Robotic Process Automation, permet de décharger les gestionnaires des tâches, répétitives et chronophages. La RPA permet, entre autres, d’effectuer le travail de réconciliation comptable, en rapprochant les données comptables et de gestion. Les équipes IT, comme celles de BNP Paribas, utilisent l’IA pour renforcer leur politique de cybersécurité. L’écoute en continu de signaux faibles permet de détecter des comportements anormaux.

Les algorithmes contribuent également à la lutte contre le blanchiment d’argent et les cas de fraude. En facilitant le contrôle des données, les algorithmes aident les banques à se mettre en conformité car il s’agit d’une profession particulièrement réglementée (BCBS 239, Bâle III, MiFID II…).

Chatbot et robo-advisor

Du côté du front office, les clients des banques de détail peuvent déjà voir les premières réalisations. Baptisé Djingo, l’agent conversationnel d’Orange Bank répond en langage naturel aux demandes des clients de la néobanque de l’opérateur télécom, comme effectuer des opérations ou bloquer/débloquer une carte bancaire. Le chatbot de Generali s’appelle, lui, Leo. Il fait découvrir aux internautes du site de l’assureur ses produits d’assurance habitation, santé et emprunteur.

De son côté, Aviva a conçu un robo-advisor dédié à la gestion des contrats d’assurance-vie. Après avoir posé une douzaine de questions, ce conseiller financier virtuel définit le profil de l’épargnant – approche prudente, équilibrée ou dynamique -, dresse un bilan personnalisé et suggère des recommandations comme allouer tel pourcentage de l’épargne en actions et obligations, tel autre en fonds en euros. L’IA permet aussi d’établir un scoring pour l’octroi de prêts des particuliers en fonction d’un grand nombre de données, y compris celles issues des médias sociaux.

Et le B 2 B ?

Moins médiatisée et plus tardive, la révolution de l’IA concerne également les activités B 2 B des établissements bancaires comme la banque de financement et d’investissement (BFI), la banque privée, les métiers titres ou la gestion d’actifs. Les plateformes de Data Intelligence permettent d’anticiper les comportements du marché afin d’optimiser les stratégies de trading et diminuer l’exposition aux risques. Elles permettent aussi d’analyser plus finement le risque client. Des traders reconvertis et d’anciens cadres de banques d’affaires ont d’ailleurs monté leur fintech.

L’IA étant appelée à se généraliser, se pose la question de son impact sur l’emploi. Est-ce que demain des robots vont remplacer le conseiller de clientèle ou le gestionnaire back office ? Selon le syndicat FO Banques et Sociétés Financières, plus de 30 000 emplois de conseillers seraient « susceptibles de disparaître à court terme » et « des centaines voire des milliers d’agences pourraient fermer tout aussi rapidement ».

L’OMB est moins alarmiste. Selon son étude, aucune création ou disparition de métiers liée à l’IA n’est à prévoir à court terme. En revanche, les compétences nécessaires pour les exercer seraient chamboulées. Jusqu’à maintenant, les compétences techniques, c’est-à-dire celles liées au métier bancaire, étaient les plus valorisées. À savoir la connaissance de l’offre, du droit et de la réglementation, l’analyse de profil ou le reporting. Le déploiement de l’IA couvrira plus ou moins largement ces domaines.

En revanche, les compétences dites transversales ou comportementales seraient davantage sollicitées comme le sens de l’initiative, l’autonomie, le relationnel et la communication ou la pédagogie. Bref, que des qualités humaines !

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