IA recrute humains pour projets collaboratifs


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IA recrute humains - ORSYS

Avec la frénésie actuelle autour de l’Intelligence artificielle (IA), les data scientists, data engineers et autres data architects font la pluie et le beau temps sur le marché du travail. En parallèle de ces spécialistes de la donnée, les projets de machine learning et de deep learning requièrent aussi une expertise métier.

Les impacts de l’intelligence artificielle sur l’emploi constituent l’un des sujets les plus clivants du moment. Au fil d’articles anxiogènes, des experts techno-sceptiques évoquent un avenir sombre où une horde de robots et d’assistants virtuels détruira les emplois par millions. À l’inverse, les techno-optimistes imaginent un monde où l’IA libérera l’humain des tâches ingrates, lui permettant de se consacrer à des missions plus nobles et créatives.  

Comme toujours, la réalité devrait se situer dans l’entre-deux. Si la théorie de la « destruction créatrice » de Joseph Schumpeter continue de s’appliquer à cette révolution technologique, l’intelligence artificielle commencera par détruire massivement des emplois pour ensuite en créer davantage qu’elle n’en a détruits.

IA : près de 50% des postes impactés ?

Dans son dernier rapport sur « L’Avenir du travail », qui remonte à fin avril, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dresse ainsi un tableau plutôt nuancé. En France, pays un peu plus exposé que la moyenne, 16,4 % de postes seraient menacés et 32,8 % transformés par l’automatisation.

En attendant, l’intelligence artificielle est surtout créatrice d’emplois ; les jeunes diplômé.e.s qui maîtrisent les rudiments du machine learning et du deep learning sont actuellement les rois et reines du marché du travail. Grands noms de la bancassurance, de l’industrie, ESN, start-up… s’arrachent ces expert.e.s en data science.

Les GAFAM font aussi les yeux doux à nos mathématicien.ne.s et à nos chercheurs.ses en sciences cognitives, reconnu.e.s mondialement. Depuis plus d’un an, Microsoft, Google, Facebook, IBM, Samsung et Futjitsu ont multiplié les annonces pour lancer une école de l’IA et ouvrir un centre de R&D en France. À la clé, des millions d’euros d’investissement.

Vers une pénurie de compétences ?

Un emballement qui ne devrait que renforcer la pénurie de spécialistes de la donnée avec l’inflation salariale qui l’accompagne. D’après une étude 2019 de data recrutement, un.e data scientist démarre sa carrière à partir de 40 K€ bruts pour atteindre 80/100 K€ et plus après dix ans d’expérience. Si toutes les grandes écoles – HEC, Essec, Polytechnique ou Telecom ParisTech – ont créé des cursus dédiés, l’offre en formation initiale ne suit pas la demande.

Reste la formation continue. ORSYS propose un ensemble de formations et de séminaires pour acculturer et former à l’IA des professionnel.le.s du numérique. Certaines entreprises vont jusqu’à entreprendre des plans ambitieux de reconversion pour faire monter en compétences des professionnel.le.s des statistiques, comme les actuaires dans le secteur de l’assurance, vers ces métiers de l’IA.

IA : les stars de la data…

Le plus connu des stars de l’IA, c’est bien sûr le data scientist, qualifié de « métier le plus sexy » par la Harvard Business Review. À la croisée de la statistique et de l’informatique, cet.te expert.e de la donnée doit également avoir une expertise dans le secteur d’activités dans lequel il.elle évolue : il.elle conçoit des modèles algorithmiques visant à optimiser des processus existants – maintenance prédictive, lutte contre la fraude – ou à créer de nouveaux modèles économiques disruptifs.  

Si les projecteurs sont souvent braqués sur le ou ladata scientist, cela ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. En amont de la modélisation, d’autres professionnel.le.s œuvrent pour extraire, qualifier, préparer et transformer la donnée.

Comme son nom l’indique, le.la data miner va explorer les différentes sources de données (structurées et non structurées) de l’entreprise afin d’assurer la collecte et le traitement de l’information. Le.la data architect arbitre les choix d’architecture tandis que le.la data engineer met en place l’infrastructure ad hoc et gère les flux de données dans le respect des règles de sécurité.

Selon leur degré d’intervention, ces spécialistes de la data doivent maîtriser R et Python, les deux langages les plus répandus en IA, mais aussi des bibliothèques d’apprentissage automatique comme Tensorflow et PyTorch. Les métiers en charge de l’infrastructure doivent aussi se frotter aux architectures Big Data, de type Hadoop associé à Spark ou Flink.

…et les travailleurs de l’ombre

Au sein d’équipes projets pluridisciplinaires, des experts métiers vont venir travailler aux côtés des expert.e.s de la data. À eux de formaliser le besoin business, d’entraîner le modèle puis de le tester afin de corriger les biais et les éventuelles dérives dans le temps.

En raison des impacts économiques, sociétaux voire politiques que peut engendrer une IA, une entreprise doit aussi pouvoir, dans un effort de transparence, expliquer en termes accessibles la manière dont un algorithme prend des décisions ou émet des recommandations. On parle alors d’éthique des algorithmes. Le.la Data Protection Officer (DPO) doit, par ailleurs, s’assurer de la conformité du projet d’IA au RGPD, le Règlement européen sur la protection des données personnelles.

Enfin, hors des murs de l’entreprise, l’IA crée un nouveau prolétariat. Les GAFA font appel à des petites mains pour entraîner et optimiser leurs chatbots et autres assistants virtuels. Payé.e.s à la micro-tâche, souvent une misère, ces « coachs » de robots trient des données, étiquettent des images, évaluent la pertinence des réponses apportées par la machine.

Selon une récente étude de chercheurs de Télécom ParisTech et du CNRS, la France compterait environ 260 000 de ces micro-travailleur.se.s occasionnels. Ils occupent dans la chaîne du traitement de l’IA un rôle très éloigné de celui prestigieux du data scientist.

*Voir aussi : IA anxiogène ? L’avis d’expert – ORSYS Formation

Et pour aller plus loin, retrouvez tous nos articles sur l’IA sur notre blog et toutes les formations dédiées à ce sujet sur notre site.

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