PowerShell, le couteau suisse de Microsoft


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PowerShell, le couteau suisse de Microsoft

Deux ans après avoir placé PowerShell en Open Source, Microsoft rend son célèbre outil en ligne de commande disponible sur les plateformes Linux et macOS. De quoi le rendre incontournable.

Microsoft poursuit sa politique d’ouverture de PowerShell, son outil en ligne de commande sous Windows et interpréteur de langage de scripts. Sous l’impulsion de son PDG actuel, Satya Nadella, à l’origine d’un changement de cap en faveur de l’Open Source, la firme de Redmond a d’abord passé PowerShell sous licence libre, il y a deux ans.

En janvier 2018, Microsoft faisait un pas supplémentaire en sortant la version 6.0 de PowerShell Core. Elle a pour principal atout de rendre PowerShell Core multiplateforme. L’outil est compatible avec, bien entendu, les environnements Windows mais aussi macOS et Linux.

Un seul jeu de scripts pour toutes les machines

Consultant informatique et formateur chez ORSYS, Thierry Thaureaux* salue cette avancée. « À terme, cela permettra à un administrateur qui dispose d’un parc hétérogène d’écrire un seul jeu de scripts pour faire de la récupération d’informations ou de la gestion de configuration. Il est, en effet, rare qu’un parc soit 100 % Windows. Il y a toujours quelques Mac ou des machines sous Linux. »

Alors que l’ancien Shell Windows faisait pâle figure face au Bash – son équivalent chez Linux -, PowerShell devient une plateforme de configuration et d’automatisation puissante. Elle se développe grâce à son langage Orienté Objet et sa bibliothèque de codes issue du framework .Net, lui aussi mis pour partie en Open Source. « Plus puissante mais aussi plus difficile à appréhender », nuance Thierry Thaureaux.

« Avec PowerShell, Microsoft a non seulement fait un couteau suisse mais il en a donné les clés, laissant la possibilité de le démonter et de le remonter, poursuit l’expert. PowerShell ne remplacera pas systématiquement Bash mais Microsoft a l’intelligence de le proposer en parallèle. »

Un potentiel encore méconnu

Le marché a suivi cet effort d’ouverture de Microsoft. Plusieurs distributions Linux ont accepté de jouer le jeu dont Ubuntu, Debian, Red Hat, openSUSE mais aussi Arch Linux, l’outil de test de détection d’intrusion Kali Linux ou Raspbian, le système d’exploitation de Raspberry Pi. « Pour séduire leurs communautés, Microsoft a dû montrer patte blanche, estime Thierry Thaureaux. Les autres éditeurs vont suivre. » Poursuivant son entreprise de séduction, Microsoft a rendu disponible, le 20 juillet dernier, PowerShell Core sous Linux en tant que paquet « snap ».

L’ouverture concerne également les éditeurs tiers du monde Windows (et à l’avenir de Linux). Ils peuvent écrire des « commandlets » pour PowerShell dédiés spécifiquement à leurs logiciels. Les spécialistes de la sécurité, de la virtualisation et de la messagerie GroupWare se montrent notamment intéressés par ces possibilités d’intégration comme VMware, Citrix, Symantec ou McAfee.

Mais tout cela pourquoi ?

Disponible en natif depuis Windows 7 et Windows Server 2008 R2, PowerShell simplifie la vie des administrateurs et des développeurs même si le potentiel de l’outil est parfois méconnu par les principaux intéressés. « Ses possibilités sont quasiment infinies, observe Thierry Thaureaux. PowerShell peut être utilisé pour des opérations d’administration de base, de nettoyage ou de modification de paramétrages d’un parc machines. Il permet aussi de lancer des workflows pour la maintenance et la récupération de données. »

Des programmes qui peuvent être lancés sur des milliers de machines en une ou plusieurs fois, en tâche principale ou en toile de fond. PowerShell peut aussi faire de la création d’« états souhaités » (Desired State Configuration, DSC), c’est-à-dire des configurations adaptées à tel ou tel logiciel pour faciliter l’intégration d’un système dans l’esprit DevOps. Vous l’aurez compris, Microsoft ne cesse de faire évoluer son outil, il est donc plus que nécessaire de rester en veille sur le sujet !

Pour vous former : 

PowerShell 3.0, automatiser l’administration Windows

PowerShell 3.0, perfectionnement

PowerShell 5/4, automatiser l’administration Windows

PowerShell 5/4, perfectionnement

PowerShell, perfectionnement

PowerShell Desired State Configuration

THAUREAUX Thierry - intervenant ORSYS

*Thierry Thaureaux

Diplômé du CNAM en informatique (DEST d’informatique fondamentale et cycle d’Ingénieur spécialité Interopérabilité des applications), et fondateur de la société Metatron Inc., il est développeur et formateur spécialisé en systèmes d’exploitation et langages de programmation. Il est aussi journaliste IT depuis plus de 15 ans, pour divers titres (.netPro, Architectural Digest, Computer Arts, Home Magazine, Le Monde (cahiers de la compétitivité), Réseaux et Télécoms, SVM…). Spécialiste de l’Open Source, de la programmation et de l’Internet, il écrit désormais principalement pour L’Informaticien (PC Presse) et intervient sur l’étendue des applications possibles de la Blockchain dans des articles, dossiers spéciaux…

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