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Team building (1/3) : les principes

Au cœur des grandes questions du management, il y a celle de la cohésion d’équipe. Tout manager le sait, plus ses collaborateurs savent travailler ensemble, plus l’énergie de l’équipe est propice à la créativité et à la performance. Mais « la sauce » ne prend pas toujours spontanément. Bien que pas systématiquement efficace, on reconnaît pourtant le team building parmi les outils les plus sollicités. Construit en trois articles, Pierre-Hugues Cacheleux* nous parlera des principes du team building mais aussi qui en sont les acteurs et quelles en sont les limites.

En quoi le team building est-il intéressant pour une entreprise ?

Nous vivons dans une société, qui met énormément l’accent sur les compétences techniques, les compétences métiers… Bref, les « hard skills ». Or, ce qui fait la différence entre un collaborateur performant et un autre très performant, entre une entreprise efficiente et une entreprise excellente, ce sont justement les compétences qui vont au-delà de l’aptitude fonctionnelle. Il s’agit des compétences personnelles et relationnelles : les « soft skills ». Les soft skills sont des compétences individuelles mais aussi collectives, elles traversent les équipes sous forme d’énergie.

Car c’est à cela que servent les team buildings pour les participants : à conférer à un collectif un regain d’énergie, d’enthousiasme, une nouvelle envie de faire ensemble. C’est donc essentiel pour les entreprises de cultiver le « bon moment partagé » : le team building répond à ce besoin fondamental.

Plus concrètement, il permettra de résorber des conflits, d’insuffler une dynamique, de favoriser l’engagement et la motivation. Il offrira aussi des moments de relaxation, de détente, de rencontre, de solidarité. Dans les team buildings, il peut être intéressant de présenter les activités en précisant quelques messages.

Quels objectifs ?

  • Parvenir à atteindre l’objectif fixé (enregistrer une chanson, jouer une pièce de théâtre, monter une exposition photo, réaliser des tours de magie, lire des poèmes sous forme de slam…)
  • Mais surtout parvenir à l’atteindre en équipe
  • Et enfin, le tout avec plaisir !

Et il faut parier sur la pérennité des émotions traversées dans cette réussite collective et plaisante. Parier (et gagner !) sur l’effet « Social & Emotional LearningÒ » : il y a bien un avant et un après le bon moment de team building intelligemment mené.

Et puis enfin, pour l’entreprise, il y a un double intérêt :

  • Optimiser l’efficacité collective des équipes et l’implication individuelle des collaborateurs
  • Valoriser l’image employeur (« dans mon entreprise, les managers organisent ce genre de moment décalé et unique »)

Quelles formes de team building sont les plus efficaces ?

On compte essentiellement sur les activités qui :

  1. Offrent un livrable durable ou tout au moins partagé. C’est le cas par exemple de la discipline culinaire ou des activités artistiques (dont le produit reste, par exemple, sous forme de reportage vidéo ou photo).
  2. Offrent à chacun la possibilité de vraiment prendre sa place. C’est la raison pour laquelle on peut avoir une petite réserve quant aux activités sportives ou du type « Koh Lanta » : il y a toujours un participant qui va se trouver trop gros, trop lent, trop ceci ou trop peu cela et s’exclure intuitivement. Dans une perspective de cohésion, c’est plutôt contre-performant.
  3. Ne confèrent pas trop d’importance à la dimension challenge. Un peu, c’est bien, trop, c’est peut-être contre-productif pour du team building…

Quels sont les vrais aspects travaillés/abordés lors d’un team building ? Que doit-on prendre en compte pour rendre un team building efficace ?

Pour qu’un team building soit efficace, il faut d’abord le délocaliser. On parle souvent de séminaire au vert. Cela me paraît indispensable de sortir les collaborateurs de leur contexte quotidien pour éviter qu’ils ne soient tentés d’interrompre leur participation par l’appel de la consultation des emails ou le RDV impératif avec tel collègue… Et leur offrir le sentiment qu’ils sont choyés par l’employeur, pour favoriser la libération de la parole et des énergies (notamment l’humour qui est plus facile à relâcher hors des murs de l’entreprise).

Ensuite, il faut réunir le bon effectif, constituer les groupes de façon à répartir les leaders, ceux qui mobiliseront le grand nombre dans les activités.

Enfin, il faut mobiliser à la fois le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel des participants en alternant les phases.

Une journée de cohésion en quatre temps :

  1. Un temps de réflexion collective tout à fait sérieuse et rigoureusement animée autour de la question de l’innovation, qui était le sujet à enjeu de l’équipe en question ce jour-là.
  2. Ce brainstorming a livré beaucoup d’éléments de langage que nous avons pu réinvestir dans la 2ème phase pour écrire les paroles d’une chanson collective, en quelque sorte l’hymne de l’équipe.
  3. Le 3ème temps fut dédié à la partie la plus ludique de la journée car centrée sur l’activité artistique (musicale) : répartition des pupitres de voix, répétitions, enregistrement.
  4. La journée fut ensuite conclue par un débriefing à chaud pour commenter les bénéfices individuels et collectifs de la journée.

Ainsi, un team building n’est pas un outil qui s’organise à la légère. Il est important d’en mesurer les bénéfices et ses points forts avec soin pour élaborer un programme ou une activité qui réponde au mieux aux besoins d’une équipe. Par ailleurs, le manager a l’essentielle mission de bien cerner ces besoins pour lesquels il devra guider son équipe.

Pour vous former :

PH Cacheleux - Intervenant ORSYS

*Pierre-Hugues Cacheleux

Diplômé du DESS GRH, c’est au sein des Groupes Crédit Agricole et Banque Populaire – Caisse d’Epargne qu’il a notamment œuvré en qualité de Responsable RH, affutant ainsi une expertise au service du développement des compétences et performances des individus et des collectifs. C’est en s’appuyant entre autres sur cette riche expérience bancaire qu’il a ensuite créé deux structures au service de ce même développement des potentiels : un cabinet de conseil et formation spécialisé dans la gestion des ressources humaines et un pour le développement personnel et relationnel.

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5 commentaires sur “Team building (1/3) : les principes

  • Deck

    Bonjour. Merci pour la présentation de cet outil qui vient compléter une boîte à outils souvent déjà bien (trop) fournie! Mais combien il est important d’avoir des partages sur leurs développements et leurs impacts vrais. Deux remarques personnelles en réaction à la lecture de votre article, car pour moi les termes sont ô combien importants :
    1 –  » il permettra de résorber des conflits » : il y a de mon point de vue une différence fondamentale entre « résorber » (= faire disparaitre) et « traiter ». De par mon expérience, j’en viens à me forger le principe que les conflits sont non seulement à traiter mais même à provoquer (en toute bienveillance, ce qui n’est absolument pas antinomique). Je m’explique : le conflit permet souvent de faire sortir des vérités enfouies, larvées, silencieuses… et ainsi de les pointer pour les traiter efficacement. Et le conflit, qui peut prendre diverse forme, me parait un élément également moteur dans la croissance d’une équipe. Sous réserve de disposer de manageurs honnêtes, intègres, justes et bienveillants, ce qui est déjà en soi une réelle gageure… ;
    2 – « il faut parier sur la pérennité des émotions » : par nature, l’émotionnel est instable, et donc y associer une pérennité me semble illusoire. Bien souvent le « senti – ment » ; loin de moi l’idée de dire que les émotions sont mauvaises, elles ont tout à fait leur rôle dans nos relations – et fort heureusement! – mais attention, elles passent aux filtres de la vie et des antécédents de chacune et chacun, et là encore, il faut des manageurs sérieusement affûtés pour en faire un élément constructif au sein d’une équipe. Et a contrario, veillez dans les mêmes proportions, que l’émotionnel ne torpille pas l’équipe!
    Voilà ce que je souhaite vous partager.
    Bon courage à vous et pleine réussite dans vos déploiements d’outils efficaces, pertinents et aiguisés!