Comment dépasser sa peur de ne pas savoir ? 6


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Comment dépasser sa peur de ne pas savoir ?

La peur a eu une importance considérable au cours de l’évolution, peut-être plus que toute autre émotion. Elle est essentielle à la survie. Pourtant, les peurs injustifiées empoisonnent notre vie quotidienne et nous laissent en proie à l’agitation, à l’anxiété. Dans le cadre de l’entreprise, la peur est une émotion qui peut se montrer véritablement bloquante. Par exemple, la peur de ne pas savoir peut être un réel frein si on ne sait pas l’assumer ou la comprendre.

La peur, cette émotion si normale

La peur est une émotion mal aimée, parce ce qu’elle est mal connue. Rien, dans notre éducation, ne nous invite à bien la connaître, à vivre avec elle.

Tout le monde a éprouvé de l’appréhension au moment de prendre la parole en public, de faire face à son supérieur hiérarchique ou un simple collègue, de devoir exprimer un point de vue, d’être à court d’idées…. De toutes nos peurs, la peur que l’on a de nos semblables est sans aucun doute la plus répandue : elle survient lorsque l’on est soumis au regard et à l’évaluation supposée d’une autre personne.

Cette peur des autres, les médecins et psychologues l’appellent l’anxiété sociale

On doit tous entrer en relation avec les autres et s’affirmer soi-même dans son individualité. Dans la vie professionnelle, lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts, les occasions de se retrouver en difficulté sont trop nombreuses pour qu’un dysfonctionnement, si minime soit-il en apparence, ne finisse pas par créer un malaise profond.

On évalue à moins de 10% d’une population donnée les personnes qui ne ressentent jamais d’anxiété sociale. Chacun s’avère plus particulièrement sensible à l’une ou l’autre de ces catégories : la peur d’être observé, la peur de s’affirmer, la peur de se dévoiler, la peur d’échouer, de ne pas savoir… En somme, les situations qui exposent au regard et au jugement de l’autre. La peur survient lorsque, souhaitant produire sur autrui une impression favorable, on pense ne pas pouvoir y parvenir.

Confronté à une situation sociale délicate pour lui, l’anxieux social procède immédiatement, et souvent de manière plus ou moins inconsciente, à une double évaluation de la menace qui se présente et des ressources dont il dispose pour l’affronter.

Les origines et les pièges de la peur

Non seulement le fait de ruminer ces questions accroit l’anxiété, mais cela tend également à surévaluer les risques encourus, exagérant l’hostilité des autres. Tous les anxieux sociaux expliquent leurs difficultés en invoquant le manque de confiance en eux-mêmes. Celui-ci n’est en fait que la tendance à se sous-estimer et surévaluer l’adversité.

Il faut comprendre le piège qui s’est enclenché pour développer des capacités à sortir de la peur.

Deux types de pièges : pièges à la communication et piège à l’éducation.

Piège à la communication

Parce que la peur de ne pas savoir rompt la communication. On est souvent dans un jugement, des préjugés, des croyances, une pensée binaire et/ou un langage déresponsabilisant (il faut que, je n’ai pas le choix, il faut que j’y aille…).

Combien d’entre nous sont piégés par ces choses-là ?

Le mental fige les pensées, les gens, les idées, les lieux et toute autre chose dans des catégories définies, quantifiées. Vous vous faites des idées sur vous-même que vous essayez de prouver, vous élaborez des fantasmes, des peurs… Comment surmonter les surmonter ? À travers le centrage en soi.

Il faudrait pouvoir prendre sa peur par la main et l’écouter. « Je veux t’entendre, tu viens me faire une mise en garde. Tu n’es pas là pour m’inhiber, tu es là pour me permettre d’être là plus consciemment. » Mais cela fait souvent trop peur. Nous préférons être dans le déni, le submergement, la compensation pour la conjurer.

Mais qu’est-ce qui fait que nous avons tant de mal à faire face à notre peur ? Ce sont-là des pièges qui ont trait plutôt à notre éducation.

Piège à l’éducation

Nous n’avons pas été habitués à fréquenter notre intériorité. Notre éducation nous a tirés hors de nous. Elle s’est encodée en nous, pour que nous cherchions à obtenir de l’amour et ses variantes (l’intégration, l’appartenance, la reconnaissance, la valorisation, la place dans un groupe). Mais aussi pour nous dire que nous avions à faire des choses, à produire, à être performant, que nous n’étions pas aimés pour ce que nous sommes, mais pour ce que nous faisons. Si tout le monde qui m’entoure est content de moi, tout va bien, mais si l’autre n’est pas content de moi, rien ne va plus.

Parce que l’estime de soi n’a pas été encouragée, nous n’avons pas pris soin de la faire grandir.
C’est la dépendance au regard de l’autre. Nous nous sommes donné des règles personnelles telles que « je ne dois pas contrarier ou déranger », « je dois être aimé et apprécié de tous », « il faut réussir tout ce que l’on entreprend », etc. Elles prennent la forme de messages impératifs.

Le problème est souvent d’avoir vécu son originalité comme menaçante. Le risque le plus grand pour un enfant étant le rejet, il ferait n’importe quoi pour gagner l’intégration, la sécurité affective.

Être vraiment soi, est un concept qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Et s’affirmer, aller vers l’autre à partir de son originalité, de sa force, de son opinion, faire des erreurs, ne pas forcément avoir les bons arguments et peut-être même en être à court… Peut être source de conflit.

La peur du conflit

La plupart du temps, les gens disent : « Oh j’ai peur du conflit, je ne sais pas gérer la colère. Ni la mienne, ni celle de l’autre. Je vais avoir des critiques, et comme je n’aime pas beaucoup ça, ça me déstabilise tout de suite. »

Voici deux clés pour gérer le conflit :

– travailler sur l’estime de soi : je peux rentrer dans le conflit sans être déstabilisé.

– travailler la capacité à accueillir la différence de l’autre. Il n’est pas forcément contre soi et ça ne veut pas dire non plus qu’on ne peut pas lui dire notre différence. Ni qu’on ne sera plus aimé par lui. Ça demande de dépasser la peur de l’accueil de l’autre, de l’altérité. Les conflits, c’est comme la peur : on n’en fera pas l’économie.

Ainsi, plutôt que d’user de l’énergie à éviter les conflits, utiliser de l’énergie pour apprendre à les gérer.

Si nous voulons bien voir, il y a une partie de soi qui veut faire plaisir. Cela fait partie des besoins fondamentaux. Cependant, si on veut bien regarder à la loupe, il y a une partie de soi qui dit oui, pas tant par don d’amour que par peur de perdre l’amour des autres. Est-ce que je dis oui par élan, par goût, par don de moi, ou est-ce que je dis oui par peur de perdre l’intégration, l’appréciation des autres ?

Dépasser la peur

Il faut apprendre à faire bon accueil de ses émotions, en développant la capacité non pas de ne plus avoir peur, mais de ne plus avoir peur d’avoir peur. Cela en libère.

Et aussi se familiariser avec ses élans, mesurer ce qui donne de la vitalité.

Instaurer du changement dans sa vie, même du changement pour quitter la peur. En acceptant que le changement ne se fera pas sans inconfort.

Pour ce faire, il faut apprendre à maîtriser sa peur et de fait, la rendre familière. En dépassant sa peur, on accède à un autre palier de conscience, à la tranquillité et à la sécurité.

Les plus belles victoires sur les peurs peuvent se faire en fragmentant les divers problèmes liés à elle. En évitant de les percevoir de manière globale et en y faisant face grâce à ces diverses pistes :

  • l’introspection (comprendre quelles sont mes peurs, leurs origines, mon histoire) ;
  • la confrontation directe à ses peurs ;
  • la modification de sa perception du monde ;
  • le respect des autres et de soi-même ;
  • son hygiène de vie ;
  • le développement de ses élans, ses richesses, son originalité, sa créativité ;
  • la détente et le silence.

Et maintenir ses efforts dans la durée.

L’inhibition des entreprises et des initiatives professionnelles peut souvent être expliquée par les freins que l’on se met soi-même ou l’autocensure dont nous faisons preuve par peur de se tromper, d’être rejeté… Et se libérer de ces peurs inhérentes à l’éducation, l’injonction d’être aimé dans la société, etc. est la clé d’une réussite aussi bien personnelle que professionnelle. 

Pour vous former :

Questionner efficacement pour atteindre ses objectifs

Développer son charisme et sa confiance en soi

Assertivité et affirmation de soi, niveau avancé

Estime de soi : gagner en bien-être et en efficacité professionnelle

Betty Martin - expert ORSYS * Betty Martin
Riche de ses outils techniques d’expression, de ses diverses formations en psychologie, en art thérapie, en théâtre forum sur les conflits, de sa pratique du yoga et de la méditation, elle élabore des formations en direction des entreprises et accompagne en coaching individuel et collectif.
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6 commentaires sur “Comment dépasser sa peur de ne pas savoir ?

  • Jacquand Barbara

    Bonjour,

    Merci pour cet article qui propose de nous poser les « bonnes questions » afin d’avancer.

    La phrase clé pour moi : « Ainsi, plutôt que d’user de l’énergie à éviter les conflits, utiliser de l’énergie pour apprendre à les gérer. »

    Je conserve cet article afin de le relire selon les occasions.

  • rodrigue nsuka

    Intéressant et très profonds sur le contrôle de soi. et développement de ses capacités de continuer sans avoir peur d’échec.
    Deux leçons retenues:
    a. Les conflits, c’est comme la peur : on n’en fera pas l’économie.
    Ainsi, plutôt que d’user de l’énergie à éviter les conflits, utiliser de l’énergie pour apprendre à les gérer.

    b. Il faut apprendre à faire bon accueil de ses émotions, en développant la capacité non pas de ne plus avoir peur, mais de ne plus avoir peur d’avoir peur. Cela en libère.