Smart city : la ville qui affronte les défis de demain ? 1


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Par la Rédaction ORSYS

Les smart cities : des villes qui ont fait du numérique un axe de développement et de différenciation. Évolution « Science-fiction » ou déjà une réalité ?

 

Partant du principe que 70 % de la population mondiale serait urbaine à l’horizon 2050, les smart cities suscitent un engouement de certaines municipalités. Elles voient là une façon de résoudre les conséquences de l’urbanisation massive et du réchauffement climatique.

« Diminuer les émissions de CO2, économiser du temps et de l’argent »

Mais revenons aux origines du modèle. Née en 2003 en Corée du Sud avec la U-City, au bord de la mer Jaune, qui offrait déjà le WiFi pour tous, combinant vidéosurveillance et systèmes de gestion de l’énergie, la ville intelligente aurait été désignée pour la première fois comme telle deux ans plus tard à l’occasion de la création de la Fondation Clinton. L’ancien président américain, Bill Clinton, appelle alors les entreprises à « diminuer les émissions de CO2Mais aussi à économiser pour les citoyens et les communautés locales du temps et de l’argent ». Cisco investit des millions dans un programme de développement urbain connecté. Puis il lance son département Smart and Connected Communities (communautés intelligentes et connectées) afin de commercialiser ses produits et services. D’autres suivront, comme les géants IBM et Microsoft.

Quels modèles pour les smart cities ?

La ville intelligente a fait du numérique sa priorité. Hyperconnectée, elle s’appuie sur la technologie pour mieux gérer la vie citadine. Et pour proposer des services publics plus performants, mais surtout elle est à visée « durable » dans les domaines notamment des transports, de l’habitat ou de l’énergie. Objectif : séduire ses habitants, les investisseurs, les entreprises…

plan-large-illustration-sommaire-articleAujourd’hui, à chaque ville son modèle « d’intelligence ». Une intelligence indissociable des objets connectés, des datas qu’ils génèrent et de la réalité augmentée. La captation et l’utilisation des données visent à optimiser les installations en place et/ou à développer de nouveaux projets. À Oslo, par exemple, 10 000 des 62 000 lampadaires ont été équipés de capteurs de luminosité. Afin de mesurer le niveau d’éclairement des surfaces variant selon les saisons ou la météo. L’objectif est de diminuer la consommation électrique de près de 70 %, soit près de 6 millions d’euros.

Depuis 2010, Barcelone multiplie les efforts en matière d’hyperconnexion et se dote de capteurs. Irrigation des espaces verts, éclairage des rues avec des lampes à led qui détectent le nombre de passants, permettant de diminuer la consommation de moitié, capteurs de présence de véhicules sur les places de stationnement afin d’éviter de rechercher une place (20 % de temps gagné sur un déplacement !), capteurs dans les bennes à ordures pour optimiser la collecte des déchets : Barcelone fait figure d’exemple. Tant et si bien que la municipalité a signé un accord avec la Banque mondiale afin de développer des standards utiles à d’autres villes et définissant la ville intelligente.

Plus près de nous, la ville de Lyon, où se sont déroulés pour la première année les Prix de l’innovation Le Monde Smart cities, a investi sur l’écoquartier de la Confluence. Un groupe d’immeubles à énergie positive y a vu le jour, alimentant en électricité les systèmes des voitures électriques à disposition en autopartage. Il alimente également d’anciens HLM des années trente, rénovés, où chaque habitant a été équipé d’une tablette reliée à ses appareils ménagers afin de suivre ses consommations d’énergie.

Des datas, des datas… une avalanche de datas !

Mais si la smart city séduit, elle peine encore à éclore en France. Inquiétant notamment les élus qui ont des difficultés à appréhender ce qu’impose une telle révolution numérique. Elle impacte de plein fouet la vie des citadins. A travers les réseaux, les caméras, les capteurs, ce sont des mégas de données qui circulent « à ciel ouvert ».

datasCette avalanche de datas provenant du frigo du domicile, des entreprises installées en ville, des équipements publics comme la piscine municipale, mais aussi des flux de touristes ou même des services publics gérant par exemple l’état civil… permet certes d’acquérir une connaissance des infrastructures et des besoins des citoyens. Mais n’est-elle pas une tentation à visée marketing supplémentaire ?

Tous ceux qui vivent la smart city disent que le numérique n’y est plus subi, mais partagé de façon responsable. Les datas qui n’ont pas de valeur à l’état brut deviennent, de véritables outils d’aide à la décision. Et c’est cette analyse collective qui permet de produire des services mieux adaptés et de rendre les investissements plus efficaces… Les exemples sont nombreux et fort variés. Concernant principalement les domaines de l’énergie : selon le projet de recherche européen ENERsip, les villes connectées pourraient réduire leur consommation d’énergie d’un tiers (sans tenir compte de la consommation des technologies de l’information et de communication qui, elles, consomment à elles seules près de 10 % de la production d’énergie mondiale).

Sans oublier que la ville intelligente sait aussi mettre des personnes en réseau et créer de nouvelles relations. À Rotterdam, les habitants d’un quartier sont devenus propriétaires d’une passerelle les reliant au centre-ville. Et ce, grâce à un appel aux dons sur une plateforme de crowdfunding.

Intelligente, économique, durable, citoyenne… la smart city a tout à fait l’air d’une bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

 

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