Et si on optait pour la gentillesse ? 10


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Nathalie Olivier est consultante RH, formatrice et intervenante pour ORSYS. Cette experte reconnue en recrutement équitable et spécialisée sur les questions de bien-être au travail dispose d’une arme fatale pour accompagner les entreprises vers plus de performance : la bienveillance. Découverte…

Tout d’abord, expliquez-nous pourquoi vous vous définissez telle une « sculptrice » de compétences…

 C’est un clin d’œil à ma passion : je sculpte la pierre et la terre. Tout le monde a des compétences. Travailler les talents de chacun, c’est travailler en 3D, avec une vision systémique, en mettant en relief la part de lumière de chacun des collaborateurs.

J’interviens souvent pour faire comprendre que nous sommes tous différents, que personne n’est meilleur qu’un autre, que chacun apporte au groupe. Tous mes outils sont faits pour installer le respect, l’écoute, la gentillesse.

Justement, pourquoi parle-t-on plus de bienveillance au travail aujourd’hui ?

 Le besoin s’est accru avec les attentats. La violence, l’animosité ont fait prendre conscience de valeurs comme la solidarité. On le remarque à travers le développement du bénévolat et l’émergence de mouvgentillesse1ements tels Colibri. Les personnes recherchent des modèles comme Matthieu Ricard, Pierre Rabhi, Gandhi, Simone Veil, Malala… La quête de sens est importante.
D’ailleurs, en France, la journée internationale de la gentillesse célébrée chaque 13 novembre existe depuis sept ans. L’appel à plus de bienveillance a été lancé en 2011 par Psychologie magazine avec le réseau Entrepreneurs d’avenir. Il a été signé par 300 entreprises représentant 420 000 salariés !

L’importance du corps et des qualités de cœur prime désormais sur l’ego. Et, alors que l’on passe beaucoup de temps au travail, qu’il y a atomisation de la famille, les individus aspirent au bien-être dans leur entreprise. Celles qui développent le management assertif*, dotées d’une gouvernance bienveillante, répondent à ces besoins-là. Le rapport de force, l’autocratie, c’est fini. Et c’est d’autant plus vrai avec les nouvelles générations Y, Z. Ces jeunes salariés qui arrivent en entreprise ont vu leurs parents travailler dur, se faire licencier. Pour eux, la valeur travail a donc beaucoup diminué. Ils ont envie de construire leur vie, d’être bien, de prendre du plaisir, d’avoir des loisirs. Ils préfèrent le nomadisme, ce sont des slasheurs ; des personnes qui pratiquent plusieurs métiers, ont plusieurs statuts, font des choses différentes pour obtenir plus de plaisir dans la vie et surtout, avoir du sens. L’entreprise autocrate n’est pas leur modèle !

Est-ce une réelle préoccupation en entreprise ?

Les organisations se rendent compte de plus en plus qu’elles doivent agir autrement, développer des qualités humanistes, prendre plus de temps avec les collaborateurs. La gentillesse, la bienveillance c’est parler avec le cœur.

Comment se traduit-elle dans les faits ?

gentillesse4C’est un ensemble d’actions au quotidien : dire bonjour, accepter l’idée que l’autre est différent, le respecter, l’aider, s’entraider, se parler correctement, savoir s’excuser quand on s’est trompé, c’est aussi savoir témoigner de l’empathie, s’intéresser, communiquer avec l’autre. Mais cela commence par la gentillesse avec soi-même. Les personnes dures avec elles auront des difficultés pour être bienveillantes avec les autres. Pour certains, la gentillesse est un signe de faiblesse, c’est en fait une force.

La gentillesse est un excellent terreau pour la relation de confiance avec ses collaborateurs, partenaires, clients… Or, il n’y a pas de relation durable sans confiance.

* L’assertivité désigne la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres.

Formations associées : Assertivité, gestion du stress

NathalieOLIVIER

 

Pour suivre Nathalie Olivier : http://rhconseilpme.blogs.com/saviezvous/

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