« Un manager doit être résilient pour être plus performant » 5


Share Button

conflits5

Le conflit ? Georges Goldman*, président d’IDC et intervenant pour ORSYS, le connaît bien. Une situation inévitable et onéreuse pour l’entreprise. Pour le spécialiste, il suffit néanmoins d’en comprendre les mécanismes comportementaux et de choisir ceux qui permettront que le conflit devienne un vecteur de l’innovation. Cependant, l’état de résilience dans lequel l’individu se trouve demeure essentiel…

Pour vous, quel est le principal ressort pour se sortir d’une situation de conflit ?

Georges Goldman: La posture essentielle consiste à développer des comportements constructifs, et pour cela la personne doit être dotée d’un niveau de résilience suffisant. Si, en réalisant le test du Conflict Dynamics Profile (CDP), on s’aperçoit qu’une personne a des comportements constructifs de bas niveau, ou des comportements destructifs de haut niveau, la question de son état de résilience se posera. Autrement dit, est-ce que cette personne a aujourd’hui les capacités de développer des comportements constructifs ?

 Qu’appelez-vous la résilience en milieu professionnel ?

conflits3G.G. : Il s’agit de la résilience telle que Kathryn McEwen** la définit : être capable de gérer son stress au quotidien tout en restant sain de corps et d’esprit, de rebondir après un revers et d’en tirer des leçons, se préparer à faire face aux défis de manière proactive. Je tiens à préciser que l’on parle bien d’un « état » de résilience. Cela signifie qu’il peut changer, on peut l’améliorer en le travaillant. Comme lorsqu’on fait du sport, plus on se muscle, moins on se fait mal en cas de chute !

L’état de résilience est, pour nous, le terreau sur lequel on peut construire, la condition nécessaire pour mettre en place des comportements constructifs. L’état de résilience est la capacité à gérer des situations difficiles. Stress et conflits sont intimement liés : c’est le « A » de l’alphabet.

 Justement, comment faire évoluer son état de résilience ?

G.G. : La première étape est d’abord la prise de conscience de son état. Les recherches menées ont identifié sept piliers constitutifs de la résilience : il faut qu’ils soient tous parfaitement équilibrés si on veut rester bien stable face aux événements difficiles, et suffisamment solide pour supporter les conséquences de l’adversité.

Le premier élément de la résilience, l’un des plus importants, c’est vivre ses valeurs, c’est-à-dire les connaître et s’y tenir, ainsi qu’utiliser et développer ses forces et avoir un bon niveau de conscience personnel et de contrôle émotionnel.

Le deuxième est trouver sa voie. Faire en sorte que ce que l’on fait soit cohérant avec ses valeurs. C’est permettre de développer un sentiment d’appartenance.

Le troisième : maintenir le niveau de perspectives et de flexibilité. Rester optimiste, concentré sur la résolution des problèmes. Avoir la capacité à gérer les aléas, voire un environnement négatif.

checklistLe quatrième élément consiste à dominer le stress. Cela se traduit par l’introduction des routines professionnelles et personnelles. Elles sont rassurantes et structurantes, le maintien de l’équilibre vie privée-vie professionnelle, l’aménagement de temps pour la détente afin de gérer son stress au quotidien.

Le cinquième échelon consiste à interagir et coopérer. Chercher chez les autres des feedbacks et des soutiens, et leur offrir notre aide. Il s’agit ici d’une dimension de relation permettant d’être dans une dimension sociale évitant l’enfermement, la solitude… le « tunnel ».

Le sixième pilier consiste à être en bonne santé. Avoir une bonne condition physique, une alimentation équilibrée, dormir suffisamment, prendre soin de soi physiquement…

Enfin, le septième consiste à créer, développer des réseaux de soutien professionnels pour être, le cas échéant, aidé et donc plus performant. Plus ces réseaux sont ouverts, diversifiés culturellement, socialement, plus on bénéficiera de réseaux de soutien, d’entraide.

En quoi travailler son état de résilience est-il important pour l’entreprise ?

G.G. : Un manager qui connaît son état de résilience, le travaille et le renforce, sera plus apte à faire face aux difficultés, aux conflits et aux incertitudes du changement.

Développer son état de résilience, c’est apprendre ce qu’est la juste distance entre l’événement/l’autre et soi, c’est savoir prendre du recul, gérer son engagement, développer des comportements constructifs en situation de conflit, lutter contre l’apparition de l’épuisement physique et émotionnel. L’échelle de résilience est un formidable outil qui contribue à une performance durable de l’entreprise, car c’est aussi un outil de prévention du burn-out et des risques psychosociaux.

Ce modèle est riche en enseignement sur l’état de santé et de satisfaction des personnes dans l’entreprise. Il peut, en outre, être utilisé de façon proactive afin d’établir un diagnostic de la disponibilité physique, émotionnelle et intellectuelle de ceux qui contribuent aux succès de l’organisation. C’est une photographie de l’émotion à l’œuvre dans l’entreprise en relation directe avec la performance individuelle et d’équipe.

GOLDMAN

*Georges Goldman est président associé de l’Institut du comportement (IDC), formateur et coach en management et développement personnel.

 

 

 

 

** Kathryn McEwen est auteure de Building résilience at work (Australian Academic Press), et à l’origine du modèle validé par l’université d’Adélaïde, représenté en France par l’Institut du comportement.

 

Formations associées :

■ CFL   Faire des conflits une source d’innovation

■ GDF   Maîtriser les conflits

■ COF   Manager, prévenir et maîtriser les conflits

■ DIA   Pratique de la médiation pour gérer les conflits

■ NAT   Améliorer ses relations par l’analyse transactionnelle

■ PER   Gérer les personnalités difficiles dans votre équipe

■ EMO   Manager par l’intelligence émotionnelle

■ PCA   Process Com®, perfectionnement

Relire aussi : Le conflit, outil d’innovation !

Share Button

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 commentaires sur “« Un manager doit être résilient pour être plus performant »