RSE « Les entreprises ont une responsabilité et doivent montrer l’exemple pour faire évoluer la société. » 1


Share Button

BUFFARD MarieDepuis 2007, Orsys s’est engagé dans une démarche RSE, démontrant ainsi au public sa volonté d’assumer la responsabilité des impacts, sur les plans écologique, social et économique. Un projet porté par Marie Buffard, responsable de la communication. Est-il aisé de donner corps à ce type d’initiative dans une PME ? Sur quels leviers s’appuyer pour la mettre en œuvre ?… À l’approche de Cop 21, Marie Buffard répond à nos questions.

Une démarche RSE  à Orsys. Racontez-nous comment vous vous y êtes pris…

Marie Buffard : Lorsque la direction a lancé l’idée, je m’en suis tout de suite emparée parce que ce sujet me touche et me préoccupe. Et j’ai ensuite fait comme de nombreuses PME : j’ai improvisé. Une présentation d’un consultant sur les principes de la RSE m’a permis de mieux comprendre les aspects que cela recouvrait : développement durable, aspects sociétaux, corruption, droits de l’homme… J’ai très vite pensé qu’il fallait adhérer à quelque chose pour montrer notre engagement. Nous avons ainsi fait le choix du Pacte des Nations unies pour le développement durable ou « Global Compact »*. Cette organisation demande aux entreprises engagées de formaliser les actions qu’elles mettent en œuvre dans un rapport annuel.

Après nous avoir inscrits, en 2007, j’ai cherché à rassembler autour du sujet… Je voulais uniquement des personnes volontaires car je pense qu’il faut être motivé : cette mission se situe en dehors des tâches quotidiennes, des attributions, etc. Aujourd’hui, le groupe est composé de six personnes et se réunit trois fois par an environ pour faire le point sur les réalisations, les correctifs à apporter, les avancées nécessaires.

Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions…

MB. : Notre première interrogation s’est portée sur le domaine d’intervention : qu’est-ce qui est à notre portée ? Comment peut-on agir sur ce secteur ? Les idées sont venues au fur et à mesure et n’étaient pas tout à fait structurées au début, mais il faut l’accepter : un cadre trop strict aurait freiné les initiatives.

Nous nous sommes donc orientés naturellement vers les aspects environnementaux : c’est le domaine où il existe le plus de possibilités d’action. Nous avons très vite installé des poubelles de tri. Les visioconférences permettent d’éviter les transports. Lors des pauses des sessions de formation, nous offrons à nos clients des fruits achetés via une association caritative qui reverse un euro par panier de fruits aux Restos du cœur. Nous utilisons les produits Max Havelaar issus du commerce équitable dans nos machines à café…

Sur le plan sociétal, on publie désormais un compte rendu de nos actions concernant la parité hommes femmes, notamment en termes de salaires. Nous achetons nos fournitures à un CAT. Des tarifs préférentiels ont été mis en place pour les sociétés émergentes.

Côté éthique, nous avons identifié des pratiques irraisonnables dans l’entreprise. Cela nous a d’ailleurs permis de créer un livret rappelant les bonnes pratiques aux nouveaux entrants. Il évoque les valeurs d’Orsys, les droits et les devoirs de chaque salarié tout en informant sur les aspects utiles à la vie dans l’entreprise. Pour lutter contre la corruption, on exige désormais deux signatures pour toute commande du CE d’un montant supérieur à 1 000 euros. Concernant les appels d’offres émis par nos services, nous les faisons dépouiller par deux personnes afin de toujours veiller à rester équitables en matière d’achats. Toutes ces idées sont issues de brainstorming lors de nos comités.

En combien de temps estimez-vous avoir été opérationnels ?

MB. : Le Global Compact nous donne deux ans pour mettre nos actions en place et publier notre premier rapport. Ce délai nous a permis de prendre la mesure du travail à faire, de nous organiser.

Comment valorisez-vous votre travail ?

MB. : À chaque comité, nous envoyons un compte rendu à l’ensemble de nos salariés qui, même s’ils n’en sont pas membres, peuvent s’exprimer. Puis, le rapport annuel est publié sur notre site internet**. En externe, ce travail nous a beaucoup aidés à formuler nos actions en matière de RSE pour les appels d’offres publics, un travail important puisque cette formulation représente souvent 10 % de la note finale. En parallèle, les cahiers des charges de ces appels d’offres ont été d’excellents supports pour progresser sur les thèmes sur lesquels nous étions peu ou pas engagés.

Huit ans après avoir adhéré au Global compact, comment vit le projet ?

MB. : Même si le comité évolue – des membres en partent, d’autres arrivent… – nous avons toujours la même énergie à mettre en œuvre de nouvelles actions. Par exemple, nous nous étions engagés à réduire le nombre de catalogues – un objectif pas facile à atteindre car en parallèle notre clientèle a bien progressé. D’année en année, je note les progressions. L’essentiel étant de ne pas mentir : si le nombre de catalogues avait augmenté, il faudrait l’écrire et l’expliquer. Le but du Global Compact n’est pas d’empêcher les entreprises de travailler, mais de faire en sorte qu’elles aient de bonnes pratiques.

logo orsys terre

Votre vision de la RSE a-t-elle évolué ?

MB. : Oui, c’est très net. Notamment en matière sociétale : montrer qu’on lutte contre la corruption, qu’on agit en faveur des salariés ou des personnes en situation de handicap, que l’on intègre les droits de l’homme… est devenu une préoccupation naturelle à Orsys. Ces valeurs donnent une belle image et montrent que l’entreprise a une éthique, qu’elle n’est pas forcément « irresponsable ». Nous bénéficions d’un bon retour sur notre image en interne et cela rejaillit sur l’externe.

Et nous sommes récompensés régulièrement : EcoVadis, un service de notation externe, nous a attribué la très bonne note de 64 points sur 100. Et aujourd’hui il arrive fréquemment que nous obtenions la note maximale en matière de RSE sur les appels d’offres : cela fait plaisir…

Quel objectif vous fixez-vous désormais ?

MB. : On essaie de toujours se professionnaliser. Je quantifie beaucoup plus les choses désormais pour voir les progrès. J’aimerais également passer d’un compte rendu Global Compact très formel à un rapport plus « communicant ». Le but étant d’expliquer encore plus précisément ce que nous faisons dans chaque domaine.

Je vais peut-être aussi challenger la démarche RSE de l’entreprise face à une autre entreprise de notation. Enfin, à l’avenir, j’aimerais aborder le niveau « advance » du Global Compact, qui exige toutefois encore plus d’implication.

En conclusion, diriez-vous qu’il est aisé de conjuguer RSE avec PME ?

MB. : Je pense que les entreprises ont une responsabilité et doivent montrer l’exemple pour faire évoluer la société. Certes, les grandes entreprises ont plus de moyens humains et matériels pour prendre le sujet à bras-le-corps. Mais il ne s’agit pas de créer des usines à gaz coûteuses ou contre-productives. Il faut faire en fonction de ce que l’on est. Dans tous les cas, il n’est pas question de freiner l’entreprise dans son fonctionnement, mais bien de la faire fonctionner mieux. Les actions à mettre en place sont souvent simples, issues du bon sens : il faut s’interroger sur ce qui correspond à son ADN… « Que puis-je faire dans “mon” monde ? » Il ne faut pas non plus masquer ce qui peut freiner une telle démarche ; le manque de temps principalement. Mais avec de bonnes volontés, la démarche RSE est à la portée de toute PME.

*http://www.pactemondial.org

** http://www.orsys.fr/?mode=charte

Formations associées : ici

Voir aussi notre vidéo DD

A lire aussi : RSE et PME

Share Button

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire sur “RSE « Les entreprises ont une responsabilité et doivent montrer l’exemple pour faire évoluer la société. »