L’agile est-il dépassé ? 3


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Depuis quelques années déjà, le monde du développement logiciel serait devenu agile. Pour exemple, eXtreme Programming et Scrum, les méthodes agiles les plus connues, sont nées il y a vingt ans. Le manifeste agile, rédigé par dix-sept experts du développement, date d’une quinzaine d’années. Un temps qui pourrait laisser penser que l’agile est désormais désuet compte tenu de l’évolution rapide de l’industrie du logiciel.

Des méthodes plus actuelles ont-elles pour autant supplanté les méthodes agiles ?

Par Stéphane Bagnier*

L’agile pour un développement adapté aux réalités

Créées dans les années 90, les méthodes agiles visent à briser le mur d’incompréhension souvent constaté entre le client et les développeurs, grâce à leurs marqueurs : dialogue direct, travail d’équipe, logiciel fonctionnel très tôt, cycles courts, retours critiques constants, process d’amélioration continue…

Grâce à un ensemble de pratiques d’ingénierie telles les tests automatiques et le refactoring, nous savons rendre le logiciel développé modifiable à moindre coût, et donc, adaptable de semaine en semaine. C’est le choix effectué par le groupe La Poste pour équiper progressivement ses postiers de terminaux mobiles intelligents. Les avantages : La Poste peut développer et envisager de déployer ses logiciels sur des terminaux mobiles qui n’existeront que dans quelques années. Depuis la création et la diffusion de l’agile, de nombreuses voix ont apporté de nouvelles pratiques.

Le dialogue direct au cœur de la conception

En 2004 et 2006 ont été conçues deux approches distinctes, mais complémentaires. Behavior Driven Development (BDD) est une organisation du dialogue entre le client et les développeurs autour d’exemples concrets, écrits en langage naturel et transformés en tests automatiques. Domain Driven Design (DDD) est une réflexion sur la structure même des logiciels qui propose de la caler sur le domaine d’application du logiciel, et d’adopter le langage employé par les utilisateurs pour nommer les choses.

Ces deux apports méthodologiques ont beaucoup en commun. Ils font la promotion du dialogue direct entre les clients et les développeurs. Et ce, afin que ces derniers acquièrent une connaissance profonde du domaine métier. La Société Générale emploie ces méthodes pour les logiciels qui outillent les produits boursiers. Les développeurs acquièrent ainsi une double compétence, en programmation et en produits financiers, qui les rend plus pertinents.

L’adaptation du modèle d’affaire

Force est de constater que les produits innovants ne trouvent pas tous leurs marchés. Dans l’univers des startups de 2008, un pont est fait entre le développement de l’activité de l’entreprise et des pratiques familières de l’agile : des cycles courts, du dialogue direct avec les clients et le développement d’un modèle d’affaire de manière itérative et incrémentale.

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Lean Startup permet à celui qui porte l’idée d’un produit de l’expérimenter auprès de tous ceux qui vont potentiellement l’acheter.

Le travail de développement est tourné vers la levée des inconnus du modèle d’affaire et l’apprentissage. Le succès de l’entreprise française Critéo sur le marché mondial de la publicité en ligne doit beaucoup à ce mode de pensée.

 

La promotion de la compétence des développeurs

De la réflexion sur la place du développeur dans sa société est né, en 2009, le Software Craftsmanship. Sous ce terme se trouve l’idée que les développeurs sont des artisans du XXIe siècle. Écrit comme une extension du manifeste agile, le manifeste de Software Craftsmanship propose aux développeurs de lever la barre plus haut, de gagner en compétences et de prendre une place plus affirmée dans l’entreprise Software Craftsmanship promeut des pratiques de développement dont celles apportées il y a vingt ans par eXtreme Programming. L’éditeur Vidal met en valeur le Software Craftsmanship en interne afin de faire face à ses challenges et gagner des marchés, en s’ouvrant aux supports numériques pour diffuser ses contenus.

La livraison continue des améliorations

Le mouvement DevOps, identifié en 2009, vise à faire collaborer les développeurs et les administrateurs qui assurent l’exploitation des logiciels. Le Cloud permet aujourd’hui de déployer une infrastructure de production automatiquement sans intervention humaine. Cela change les rôles et responsabilités des développeurs et des administrateurs, les poussant à plus de collaboration.

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Le business en bénéficie puisque cette pratique permet de mettre en production souvent et d’être réactif vis-à-vis de son marché. Ainsi, DevOps étend le domaine de l’agile. Le comparateur d’assurances Les Furets emploie DevOps pour déployer son produit en continu… Sans attendre une mise en production mensuelle. Les améliorations et corrections apparaissent donc plus rapidement pour les utilisateurs.

On pourrait citer bien d’autres avancées. Mais elles démontrent que depuis les années 90, l’essentiel des apports méthodologiques viennent renforcer les méthodes agiles.

Aujourd’hui, les entreprises disposent des méthodes pour développer les produits dans un état d’esprit agile, de l’idée au déploiement, et ainsi aller plus loin que les pères fondateurs.

Enseigner Scrum ou eXtreme Programming en 2015 ne consiste pas à répéter ce qui a été inventé dans les années quatre-vingt-dix mais bien à le contextualiser dans notre siècle.

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